Cela n’était encore jamais arrivé! Le 18 avril dernier, le conseil pastoral diocésain (CPD) et le conseil presbytéral (CP) se sont réunis pour la première fois. La rencontre a eu lieu à Brialmont et a été marquée par de fructueux échanges. Quel est le rôle de ces deux conseils? Quels sujets ont-ils abordés? Delphine Mirgaux, secrétaire du bureau du CPD, nous explique.
Deux conseils, deux missions complémentaires

Composé surtout de laïcs, des hommes comme des femmes, le conseil pastoral diocésain a pour objectif de porter à “la réflexion des thèmes essentiels et intéressants pour la vie du diocèse”. Ses membres sont choisis afin de “refléter la diversité des engagements présents dans le diocèse”. Ils ne sont néanmoins pas là pour défendre un mouvement en particulier. Présents en leur nom propre, ils sont “au service du bien de toute l’Eglise et de l’annonce de l’Evangile”, ainsi que le souligne Delphine Mirgaux. Elle signale par ailleurs que ce conseil n’a pas pour but de rester dans l’entre-soi, mais souhaite mettre en perspective ses réflexions avec d’autres instances telles que le conseil épiscopal ou encore le conseil presbytéral. De là a donc émergé l’idée de réunir le CP et le CPD.
Conseil représentatif du presbyterium, le conseil presbytéral rassemble quant à lui “des prêtres du diocèse, membres élus par leurs pairs, membres de droit et membres nommés par l’évêque et qui, ensemble, représentent la diversité existante. Son rôle est évidemment de conseiller l’évêque dans la gouvernance du diocèse.” Ensemble, les différents membres ont déjà échangé sur nombre de sujets importants tels que la synodalité, l’évangélisation ou encore l’état des lieux et les enjeux du diocèse. Il s’agit d’un conseil obligatoire auquel l’évêque doit se référer au moment de prendre certaines décisions comme, par exemple, des reconfigurations paroissiales ou certaines prises de position concernant les biens ecclésiastiques. Les réflexions menées au sein du CP ont notamment conduit à la création du vicariat de l’accompagnement des acteurs pastoraux*.
Qu’il s’agisse du CP ou du CPD, il n’est pas question de réfléchir sans prendre en considération ce qui se vit dans le diocèse. En effet, comme l’explique Delphine Mirgaux, “chacun des deux conseils doit tenir compte du vécu du diocèse afin que les propositions d’échanges reflètent ce travail pastoral et soient le lieu de l’émergence d’orientations propres à celui-ci.”
C’est ainsi dans une démarche synodale que CP et CPD se sont retrouvés à l’abbaye de Brialmont.
Accueillir les “nouveaux venus”
Lors de cette rencontre, les deux conseils ont échangé sur un sujet non des moins importants: l’évangélisation à partir de l’expérience des ‘nouveaux venus’, l'accueil de ces derniers ainsi que la possibilité de vivre pastoralement les ‘surprises’ qui se présentent à nous. Une réflexion qui se développe naturellement lorsqu’on observe l’augmentation notable du nombre de jeunes et d’adultes qui demandent le baptême. Qui sont ceux qui viennent frapper à la porte de nos églises? Que recherchent-ils? Comment accueillir ces “personnes qui semblent parfois bien éloignées de nos standards pastoraux, qui viennent nous bousculer, qui finalement créent par leur présence une ‘surprise’ bénéfique pour l’ensemble de la communauté. Comment dès lors accueillir la ‘surprise’ dans la vie pastorale? Quelle posture aussi bien pastorale et spirituelle cela devrait-il engranger d’un point de vue personnel (moi, comme fidèle) que d’un point de vue collectif (nous, comme communauté)?”
Des questionnements nécessaires qui, grâce à ces nouveaux venus, nous engagent à adopter d’autres regards:
“Il faut peut-être ici se rappeler que c’est une grâce de Dieu que ces chercheurs de Dieu qui viennent frapper à la porte de nos églises. Il faut considérer que cette nouveauté entraîne un décentrement possible et souhaitable et que ces chercheurs sont autant de semences que Dieu met dans nos communautés afin qu’elles grandissent en vue du Royaume présent et à venir.”

Et après le baptême?
S’il est utile de réfléchir à l’accueil de ces “chercheurs de Dieu”, il est essentiel de s’interroger sur l’après. Que mettre en place après le baptême pour que les nouveaux baptisés se sentent membres à part entière de la communauté? Comment peut-on les accompagner? Comment éviter qu’ils ne restent seuls? Comment encourager la participation active de toutes et tous? Ces questionnements ont débouché sur plusieurs pistes concrètes telles que le développement du parrainage, la création de fraternités de jeunes baptisés ou encore une formation qui se poursuit après le baptême. Des pistes qui n’empêchent de souligner une évidence: il faut prendre le temps d’écouter les attentes réelles de ceux qu’on accueille.
Et de conclure: “Dieu agit, l’Esprit parle, y compris dans des lieux auxquels on ne s’attend pas et à travers des personnes dont on ne soupçonnait pas l’existence. La route est longue, le chemin est toujours à reprendre ici et maintenant ; dans notre diocèse, soyons à l’écoute des ‘surprises’, prenons le temps de l’écoute véritable, entamons un chemin de conversion afin d’être toujours plus une communauté vivante capable de s’agrandir et d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.”
Sandra OTTE, avec la collaboration de Delphine MIRGAUX
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