Mercredi était une journée particulière non seulement parce que le diocèse célébrait la messe chrismale, mais aussi parce que nous étions le 1er avril, jour consacré aux poissons d’avril.

A cette occasion, le service communication du diocèse avait réalisé une publication et rédigé un article annonçant que le successeur de l’évêque Jean-Pierre Delville serait une femme laïque. Un poisson d’avril qui a suscité de nombreuses réactions et des avis multiples. Certains y ont vu “un poisson d’avril qui fait réfléchir” et qui “touche juste”, car il évoquerait une réalité d’ “une Église portée en grande partie par des femmes, mais dirigée sans elles”. D’autres ont estimé que “parler d’évêque femme dans l’Eglise catholique est une absurdité théologique”. D’autres encore ont trouvé que ce poisson d’avril était “déplacé”, jugeant que “ce genre de poste suggère qu’une femme ne serait pas capable d’assumer la mission d’évêque”. Certains ont tout simplement trouvé que ce poisson d’avril était “nul et pas drôle”. D’autres, par contre, l’ont trouvé très amusant. La diversité de ces réactions témoigne de la sensibilité du sujet, mais aussi de l’intérêt qu’il suscite. Elle reflète également la pluralité des regards et la richesse des opinions qui coexistent au sein de la société et de la communauté ecclésiale.
Le diocèse de Liège souhaite redire son attachement à la qualité du dialogue et à la liberté d’expression. Dans une société où la censure tend parfois à reprendre ses droits, veillons ensemble à préserver des espaces respectueux où chacun peut être entendu. Car c’est dans la discussion et l’échange que l’on crée du lien et que l’on avance ensemble. Car c’est dans l’écoute, le respect mutuel et la confrontation paisible des idées que peut se construire un dialogue fécond, au service du bien commun et de la vie de l’Eglise. Veillons ensemble à prendre soin de nos échanges. Veillons ensemble à rester à l’écoute de chacun.
Sandra OTTE, femme laïque du diocèse de Liège