Le 8 septembre, Flore Xhonneux, jeune chercheuse d'origine hutoise, soutient sa thèse de doctorat à la Faculté de Théologie et d’Étude des Religions de l’UCLouvain. Une étape décisive qui permet de mettre en lumière le fruit de plusieurs années de recherche.

Intitulée Recherche épistémologique du statut de la théologie dans le cours de religion catholique en Fédération Wallonie-Bruxelles, à la lumière de l’œuvre de Karl Rahner et de la Jugendtheologie, cette thèse de doctorat s’ancre dans le contexte particulier de l’enseignement du cours de religion en Fédération Wallonie-Bruxelles et “pose la question de la pratique de la théologie dans le cadre de l’enseignement religieux confessionnel dispensé dans un environnement multiconvictionnel et multiculturel”, ainsi que le précise la chercheuse. Des questions d’autant plus fondamentales que le monde de l’enseignement traverse des périodes de mutation importantes.

 

Aux origines de la recherche

Après avoir réussi son bachelier en philosophie et avoir suivi une mineure en théologie à l’UCLouvain, Flore Xhonneux s’engage dans un master en philosophie, à finalité didactique, et entame le CDER (Certificat d'université en Didactique du cours de religion catholique). Le professeur Henri Derroitte lui suggère alors de poursuivre dans la recherche, ce que refuse dans un premier temps la jeune femme. Animée par d’autres projets, Flore part en effet pour Montréal. Mais la crise de la COVID et le manque qu’elle ressent pour l’université l’amènent à recontacter le professeur Derroitte, qui l’informe qu’un poste d’assistante est vacant. Son dossier de candidature ayant été retenu, elle quitte la ville canadienne à la fin de l’été 2020 et débute ainsi son mandat d’assistante. 

Si une partie de son travail consiste à encadrer les étudiants, leur dispenser des cours et travaux pratiques, une part importante de son temps est consacrée à la recherche et à l’élaboration de sa thèse de doctorat. Le sujet s’est développé à la suite de plusieurs constats réalisés par la chercheuse alors qu’elle était en master : “Le cours de religion est un sujet qui peut être porteur de tensions. Les avis exprimés sont rarement nuancés ; il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Le cours est lui-même ambivalent : très exigent avec certains professeurs, beaucoup moins avec d’autres…” Face à la nécessité de comprendre exactement ce qu’est un cours de religion et dans quoi il s’enracine, Flore Xhonneux a choisi d’interroger la place qui y occupe la théologie. 

 

La thèse en quelques mots

La question posée par Flore Xhonneux est riche, car elle interroge la théologie dans un cadre non seulement multiconfessionnel, mais aussi multiculturel. Il s’agit donc notamment de questionner la théologie elle-même : “Qu’est-ce que cela dit de la théologie par rapport à elle-même et par rapport aux autres sciences ? Qui peut en faire ?”

Après avoir posé son regard sur le système scolaire belge et les spécificités du cours de religion, Flore Xhonneux consacre une partie de sa recherche à la théologie en tant que discipline scientifique. Elle nourrit ses propos avec une étude des travaux de Karl Rahner, prêtre jésuite allemand, écrivain et professeur de théologie reconnu du XXe siècle. La dernière partie de la thèse aborde le concept de Jugendtheologie et étudie à travers ce biais-là “l’articulation entre la théologie et les adolescent·es”. Un concept qui, comme le souligne la chercheuse, est très développé dans le monde germanique et anglo-saxon, mais beaucoup moins dans le monde francophone. Elle évoque par ailleurs des cas pédagogiques précis, comme le Religionsunterricht für alle, des cours pour toutes et tous qui s’enseignent à Hambourg, où “ils ont fait le pari de donner un cours confessionnel commun avec toutes les religions”.

La recherche de Flore Xhonneux s’ancre dans une logique fondamentale, son principal outil de référence a été le programme du cours de religion catholique de 2003, bien qu’elle intègre certains éléments de celui de 2025. Les questions qu’elle soulève dans son travail sont essentielles, car, comme elle le précise, “si le cours de religion ne peut pas être un cours d’introduction à la théologie, cette dernière doit néanmoins intervenir à un moment. Comment articuler la théologie aux compétences ? Qu’est-ce que cela implique pour les professeurs ?” Des réflexions importantes qui permettront peut-être d’envisager de nouvelles perspectives pour les cours de religion enseignés en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Sandra OTTE

Pour plus d'informations:

https://uclouvain.be/fr/facultes/theologie/news/soutenance-publique-de-these-doctorale-flore-xhonneux