Chaque année, les séminaristes liégeois participent à un stage pour apprendre et aller à la rencontre d’autres réalités du diocèse. Des réalités différentes de celles qu’ils vivent dans leur paroisse. Retour sur un stage tout aussi enrichissant qu’émouvant.
Du 20 au 30 janvier, Gilles-Christ, Jean-Baptiste et Gabriel étaient en stage. A travers divers ateliers et plusieurs rencontres, ils ont eu un aperçu du quotidien vécu par les personnes porteuses d’un handicap et ont été à l’écoute des défis qu’implique la différence.
Des ateliers pour mieux comprendre
Les séminaristes ont notamment eu la possibilité de se mettre – le temps d’un atelier – à la place des personnes en situation de handicap. Ils en ont appris davantage sur les handicaps visuel, auditif, moteur, cognitif et mental. Rendus provisoirement aveugles grâce à des masques, ils ont dû apprendre à marcher avec une canne blanche et surtout accepter de faire confiance à l’autre: “C’était très difficile, mais aussi très perturbant de devoir faire confiance à quelqu’un d’autre pour pouvoir se déplacer”, explique Gilles-Christ. Jean-Baptiste note quant à lui une certaine forme d’incertitude ressentie au moment de se laisser guider non plus par ses yeux, mais par la voix et l’accompagnement d’une autre personne: “On ne savait pas où on allait, mais on avançait quand même.” Ils ont également essayé de se déplacer en chaise roulante et ont ainsi été confrontés à d’autres obstacles tels que des trottoirs et des accès non adaptés aux personnes à mobilité réduite.
Des témoignages pour partager
Ce stage était aussi l’occasion de rencontrer des personnes directement concernées par le handicap et d’écouter leurs témoignages. Les séminaristes ont d’abord échangé avec Marie-Annick Danze, la responsable du service diocésain de la pastorale avec et pour les personnes handicapées, qui leur a expliqué le rôle et les projets de ce service. Ils se sont également rendus au Foyer Marthe et Marie, à Banneux, où ils ont pu accompagner des personnes porteuses de divers handicaps. A Wavreumont, ils ont pu partager des repas et des moments ludiques avec des hommes et des femmes touchés par un handicap.
Les échanges qui ont eu lieu ont notamment permis d’aborder et de questionner la place accordée à ces personnes dans la société, mais aussi le regard qu’on leur porte. Comme ont pu l’entendre les séminaristes, le handicap n’est pas perçu ni géré de la même façon dans toutes les familles. Dans certaines d’entre elles, il s’agit d’une honte. On cherche alors à cacher ce (et par conséquent celui ou celle) qui cause cette honte. Cette mise à l’écart n’est pas sans impact sur la personne qui se voit stigmatisée par sa différence.
Des enseignements à retirer
Le parcours de ces témoins de vie a été riche d’enseignements. Tous ne sont pas nés avec un handicap. Certains ont dû apprendre à vivre avec alors qu’ils menaient auparavant une existence que d’aucuns qualifieraient de “normale”. Du diagnostic à la prise conscience, en passant par le déni et parfois la colère ou la dépression, c’est un véritable récit de cheminement sur la voie de l’acceptation que relatent ces femmes et ces hommes.
Gabriel a été marqué par la simplicité avec laquelle les séminaristes ont pu rentrer en relation avec les personnes touchées par un handicap mental, “alors que nous, nous avons tendance à nous mettre des barrières”. La simplicité, la force et le courage de ceux qui surmontent des obstacles au quotidien, voilà ce que Gilles-Christ, Jean-Baptiste et Gabriel retiennent de leurs rencontres. Ils saluent les institutions ainsi que les personnes qui accueillent ceux qui en ont besoin, qui les accompagnent, les valorisent et leur permettent de se sentir utiles.
Ce stage a permis aux séminaristes de prendre conscience de l’importance de considérer ceux que la société tend à classer au rang des laissés-pour-compte. En tant que futurs prêtres, Gilles-Christ, Jean-Baptiste et Gabriel notent d’ailleurs la nécessité de les inclure dans les activités pastorales et lors des célébrations. L’installation de boucles magnétiques dans certaines églises constitue déjà un pas. “Les personnes porteuses d’un handicap ont le droit d’avoir un accompagnement spirituel.” Il faut donc les accueillir, comme les autres, telles qu’elles sont.
Sandra OTTE