L’année 2025 vient de se terminer et, avec elle, l’année jubilaire. Le message porté lors de cette année sainte doit continuer à vivre en chacun de nous. Comme l’ont affirmé Mgr Jean-Pierre Delville et Marie de Lovinfosse lors de la messe de clôture du jubilé, l’année prend fin, mais pas l’espérance. Soyons donc des pèlerins d’espérance et poursuivons ensemble notre cheminement sur les voies de l’espérance.
Toute fin annonce par ailleurs un nouveau commencement. Nous entamons ainsi une nouvelle année lors de laquelle il est opportun de continuer à développer les projets déjà en cours et important de s’investir et de s’engager dans de nouvelles réflexions. Bien que l’année 2026 ne soit pas consacrée à un thème particulier, l’évêque de Liège et plusieurs prêtres du diocèse souhaitent que chacun puisse s’interroger sur l’attention portée à l’autre et à celui qui est différent, et réfléchir à la question de l’ouverture à l’altérité. S’ouvrir à l’altérité, c’est aussi apprendre à se connaître soi-même. Car notre identité se construit au contact de l’Autre ; au contact des parents et de la famille d’abord, des amis ensuite et des autres relations nouées au fil du temps. Notre langue, notre culture et notre histoire, qui participent à notre définition identitaire, sont elles-mêmes les fruits de métissages, de mélanges et de diverses rencontres. Ainsi, la langue française n’aurait-elle jamais connu l’algèbre ou le sucre si elle n’avait pas rencontré l’arabe. Le yaourt ou le caviar n’aurait jamais fait partie de son vocabulaire sans la langue turque. L’opéra lui aurait été inconnu sans l’italien,… Il ne s’agit là que de quelques exemples manifestant le fait que toute langue est un véhicule de cultures : elle conserve en elle les traces de contacts entre diverses populations et de multiples histoires entremêlées.
La pluralité linguistique et la diversité culturelle sont des richesses à cultiver. Il est vrai que l’on associe souvent le plurilinguisme au récit biblique de Babel et donc au châtiment divin de la confusion des langues et de la dispersion des peuples. Devenus étrangers les uns pour les autres et ne s’exprimant plus avec le même langage, les Hommes auraient ainsi été punis pour leur orgueil. Toutefois, les frontières entre langues et cultures ne sont pas infranchissables. Le récit de la Pentecôte ne raconte-t-il pas comment les apôtres ont reçu le don des langues et ont pu être compris de tous pour transmettre la bonne nouvelle ? Ces textes bibliques montrent ainsi que de l’Un peut naître le multiple et que de la diversité peut naître l’unité. L’Un ne va pas sans l’Autre. La foi nous aide à dépasser les frontières, à aller vers l’Autre. Or, c’est par la connaissance des langues et de l’Autre que la confusion babélienne prend un sens et cesse d’être châtiment pour devenir don…
S’ouvrir à l’Autre, c’est donc se placer devant un miroir nous révélant des facettes de nous-mêmes alors jusque-là inconnues.
Nous vous souhaitons une belle et heureuse année 2026 ! Qu’elle soit riche de rencontres et qu’elle porte les fruits de l’espérance !
Sandra OTTE pour l’équipe du Service communication