Chaque premier dimanche de juillet, Villers-l’Evêque célèbre la Vierge. Tous se rassemblent pour participer à la messe et la procession menée par la Confrérie de la Vierge. Un événement dont les origines remontent au Moyen Âge.

Cette année, Mgr Jean-Pierre Delville fait le déplacement pour participer à cette fête pluriséculaire et voir à la manœuvre une des confréries les plus anciennes de la région. La procession se déploie dans les rues du village et donne lieu, comme chaque année, à la traditionnelle offrande de la chandelle. Une tradition bien villersoise.

© J. Lamy

L’histoire d’une légende

On raconte que la dévotion à Notre Dame serait née à Villers-l’Evêque grâce à trois chevaliers croisés français, les chevaliers d’Eppes. Au XIIe siècle, alors qu’ils sont en route vers la Terre sainte, ils sont capturés au Caire. Emprisonnés, ils prient la Vierge et manifestent une foi fervente. Face à une telle dévotion, la fille du sultan, Isméride, se convertit au christianisme. Revenus miraculeusement chez eux, les trois chevaliers décident d’ériger dans chacun de leurs domaines une chapelle afin de remercier la Vierge. Villers-l’Evêque aurait été une de leurs propriétés, et la première chapelle du village daterait donc du XIIe siècle.
 

Une confrérie très ancienne

A cette première chapelle, est associée une confrérie dont la première mention date de 1427. Elle se dénommait alors Confraternité Notre-Dame et Sainte-Elisabeth ou Compagnie Mère-Dieu. Le 15 juin 1500, les statuts sont rédigés, et, en 1616, le pape Paul V reconnaît la confrérie dans une bulle papale aujourd’hui conservée dans les archives de l’évêché de Liège. Outre ces traces écrites attestant son existence, des témoignages oraux ainsi qu’un registre des membres de la confrérie ont pu être collectés. Une confrérie à l’origine de la procession et de l’offrande (ou tirage) de la chandelle que l’on vit encore aujourd’hui.
 

Une coutume unique en Belgique

En 1570, l’offrande de la chandelle, augmentée d’une procession, devient une coutume annuelle. Cette tradition donne la possibilité aux participants de racheter une part de la chandelle. Le gagnant de l’édition précédente tire ensuite au sort le nom de l’heureux élu de l’année en cours. Ce dernier prend la chandelle et se dirige vers l’église où elle sera allumée pour le gagnant et sa famille, mais aussi pour tous les fidèles de la paroisse.

Si la confrérie et l’offrande de la chandelle existent toujours à l’heure actuelle, c’est grâce à l’investissement de personnes qui veulent préserver et faire perdurer leur histoire: “Tout ce que l’on fait aujourd’hui est un héritage du passé”, affirme Christophe Baldewyns, co-organisateur de la procession et consultant patrimoine de la fabrique d’église de Villers-l’Evêque.

 

Sandra OTTE