Le parcours d’Isabelle Fayolle s'illustre d'une force singulière. Dans un monde en quête de repères, sa reconversion professionnelle ne représente pas une simple rupture: elle répond à un souhait d’alignement entre ses compétences techniques et ses valeurs existentielles. Rencontre avec la nouvelle membre du service diocésain de la transition écologique et sociale, aux côtés de sa collègue Mathilde Kervyn.
Quel est votre ressenti par rapport à ce nouveau métier ?
Isabelle Fayolle: Actuellement, je me sens bien. Je prends mes marques et je suis en phase d'essai.
Dans quel service allez-vous entrer ?
Isabelle Fayolle: Je commence une mission dans le service de la transition écologique et sociale. Il s’agit d’un service qui travaille dans l'entièreté du Diocèse, avec les institutions d'Eglise et avec l'extérieur de cette dernière.
Mathilde Kervyn: Notre but est de soutenir et d’amorcer une transition dans le domaine de la justice sociale et climatique. Nous avons déjà été amenés à accompagner des monastères qui se questionnent sur leur façon de fonctionner et qui souhaitent adopter des démarches pour être moins énergivores en ressources. Chaque année, nous collaborons aussi avec le festival Nourrir Liège. Notre première mission: la sensibilisation.
Quel a été votre parcours, avant d'en arriver là ?
I.F.: Récemment, je travaillais dans une institution sociale. Dans un CPAS pour être précise. J'ai exercé ce métier pendant 14 ans, dans plusieurs services. Cependant, j'étais très orientée vers les finances et l'administratif.

Vous qui avez exercé cette fonction pendant plus d’une décennie, pourquoi avez-vous arrêté ?
I.F.: C’est une décision personnelle que je n’ai pas prise au hasard. Il n'y a pas d'hasard, les planètes s'allient. J'ai mis fin à cette fonction à cause de l'insertion sociale, et surtout à cause des budgets et des subsides. Après avoir pris cette décision, j'ai voulu reprendre des études. Je me suis alors orientée vers l'écologie. Il s’agissait d’un défi à relever. A 52 ans, je recevais mon bachelier en transition écologique et sociale. Ce choix, je ne l'ai pas fait pour moi, mais plutôt pour la jeunesse. Au fil de mes expériences dans différents services, j'ai constaté qu'on oubliait quelque chose d'essentiel.
Quels sont les valeurs que vous mettez en priorité, les valeurs écologiques ou spirituelles ?
I.F.: A titre personnel, je mets les 2 au même niveau, sinon je n'aurais pas déposé ma candidature dans ces lieux. Durant ma formation, j’ai beaucoup appris par rapport à l'économie et l'écologie. Mais je me suis demandée où était la place du spirituel dans tout ça. Puis, quand j'ai effectué mes stages dans le diocèse de Liège, j'ai été très surprise par l'encyclique Laudato si’ du Pape François, qui a été pour moi très marquante et impactante.
Si vous deviez définir l'écologie intégrale, que diriez-vous?
M.K.: L'écologie intégrale est semblable à un équilibre, qui porte sur deux pieds. D'un côté, nous avons la justice climatique. De l'autre, nous retrouvons la justice sociale. Ces deux éléments se complètent parfaitement.
Récemment vous avez mentionné le fait "de transmettre aux jeunes". Mais quel est votre rapport avec ces derniers ?
I.F.: Tout d'abord, je n'ai pas la prétention de transmettre, je suis plus orientée vers l'écoute. De nos jours, j'aperçois de plus en plus de problèmes de langage et de compréhension. Comme dit précédemment, je suis tournée vers l'écoute. Notre devoir, c'est d'apprendre d'eux et vice versa. L'âge ne garantit pas le savoir. Enfin, je souhaite travailler avec eux. Dans un projet à long terme bien évidemment.
Dans votre quotidien, que représente pour vous la spiritualité ?
I.F.: Elle occupe une grande place dans ma vie. Je considère qu'il est fondamental de me retrouver dans la nature, pour pouvoir me ressourcer. Ma spiritualité m’aide à accepter les autres, comme elle aide chacun.
Propos recueillis par Darren DIASUNDA