Du wallon tribolèdje, le tribolage est une ancienne tradition qui existait autrefois dans toute la Wallonie (à Malmedy, à Eupen et auparavant à Glons, Flémalle, Les Awirs, à Wavre, à Verviers…). Depuis quelques années désormais, cette pratique a repris en différents endroits du diocèse. En quoi consiste-t-elle? Et où pourrez-vous écouter les triboleurs œuvrer? 

 

Musique rythmique sur les cloches de volée qui sonnent habituellement pour les messes ou les funérailles et autres offices, le tribolage est l’œuvre de triboleurs habiles. Ceux-ci actionnent les battants des cloches de volée de l’église ou de la cathédrale à l’aide des cordages qui y ont été préalablement accrochés. Ils participent dès lors à la création d’une musique rythmique qui tinte sur ces cloches et résonne aux oreilles des auditeurs ou des passants alors témoins d’un spectacle sonore aux origines pluriséculaires. 

 

Une rentrée rythmée par les triboleurs

En ce début d’année pastorale et scolaire, les triboleurs seront en action en pas moins de quatre endroits du diocèse. 

©Trésor de la Cathédrale de Liège

C’est d’abord à l’église Saint-Remacle à Verviers que vous pourrez entendre cette sonnerie musicale particulière. Le rendez-vous est fixé le 5 septembre 2026 à 18h15. À l’occasion de la fête de la Saint-Remacle, célébrée le premier week-end de septembre lors de la messe de 17h15, la sortie sera en effet tribolée sur les 4 cloches par quelques jeunes qui ont appris ce savoir-faire, il y a 5 ans. 

Le deuxième rendez-vous à ne pas manquer est celui de la fête de la Saint-Lambert. C’est à la cathédrale de Liège que l’on entendra les 6 cloches de volées tintées par les triboleurs de Liège-Carillons. On y entendra également les 49 cloches du carillon qui alterneront avec les cloches de volée. Gauthier Bernard, au clavier du carillon, improvisera ainsi sur les motifs sonnés par les triboleurs. Pour profiter de cette sonnerie annuelle, vous pourrez vous installer, le vendredi 18 septembre 2026 à 17h, sur la place Saint-Paul ou la place cathédrale. 

Le 11 octobre, le troisième « tribolèdje » pourra s’écouter à la cathédrale de Malmedy, pour la Saint-Géréon. Après la messe de 10h, les quatre grosses cloches sonneront « Bing’ èt bong’ à Saint-Djèrion, nos ‘nn’ îrans po lu p’tit pont…. », également repris en écho par le carillon.

Enfin, on ne pourrait pas oublier le « Trippetreien » organisé dans le cadre de la procession de la Saint-Joseph, à la fin du mois de septembre, à Eupen. Ce tribolage en communauté germanophone permet de souligner que cette tradition n’est pas toujours liée à une fête patronale, mais qu’elle peut tout à fait être associée aux processions locales. C’est pourquoi on dit d’ailleurs qu’« on ne peut pas triboler et être à la procession » !

 

Des jeunes aux commandes!

La tradition est ancienne, mais la relève semble être assurée et promet encore un bel avenir au tribolage. En effet, à Verviers, la plupart des triboleurs ont entre 13 et 17 ans!

 

Marie-Madeleine Crickboom, présidente de l'Association Campanaire Wallonne, a réussi à susciter l’intérêt des jeunes notamment lors d’un stage qu’elle avait organisé en 2022 et qui était destiné aux enfants en âge d’être à l’école primaire. Lors du stage, ces derniers « ont d’abord joué dans la tour, sur des instruments qui ne dérangeaient pas les voisins. Puis, ils ont répété sur les vraies cloches avec des marteaux et ont ensuite tribolé avec les battants des cloches à la manière traditionnelle. » Ils ont également pu s’exécuter sur le parvis devant leurs parents et leurs amis, mais aussi triboler pour les gens juste avant la messe de la Saint-Remacle. Si certains ont arrêté depuis, d’autres continuent à triboler chaque année et contribuent à faire vivre pleinement cette tradition.

©Jacques Steinbuch

Association Campanaire Wallonne

(C.P. / édition, intertitres : Sandra Otte)