Le 15 août, nous avons célébré la Vierge Marie en plusieurs endroits du diocèse. Une journée particulière qui nous a réunis dans un esprit de communion fraternelle. Retour sur les fêtes de l’Assomption vécues en Outremeuse, à Huy et à Banneux.
Emprunté au latin chrétien assumptio (“action de prendre avec soi”), le mot assomption désigne l’enlèvement miraculeux de la Vierge Marie au ciel et son entrée dans la gloire de Dieu. Fête profondément ancrée dans nos traditions et, bien souvent, dans le folklore local, l’Assomption a encore une fois rassemblé de très nombreux croyants, fidèles et pèlerins ainsi que de nombreux amoureux de ces festivités aux saveurs à la fois spirituelles et populaires.
Quand Tchantchès s’exprime à la messe…
Ils sont rares les Liégeois qui manqueraient le 15 août de la République Libre d’Outremeuse. Il faut dire que le jour de l’Assomption y est devenu depuis longtemps un rendez-vous incontournable!
L’église Saint-Nicolas était d’ailleurs comble ce samedi. Beaucoup avaient fait le déplacement pour assister à une messe qui avait pris des accents bien wallons. Présidée par le curé et doyen Jean-Pierre Pire, la célébration a aussi accueilli le bien connu Tchantchès, qui n’a pas hésité à y prendre la parole.
Dans l’ancienne église franciscaine qu’est Saint-Nicolas en Outremeuse, il était difficile de ne pas parler de saint François, alors que l’on célèbre cette année les 800 ans de sa mort. Si, de prime abord, il était étrange pour Tchantchès de parler de ce saint en ce jour où l’on fête Marie, il a très vite compris en quoi le 15 août était au contraire la date parfaite pour ce faire:
“François invite ses frères et soeurs, François nous invite à devenir comme Marie, nous invite également à mettre Dieu au monde, à le faire naître même chez notre pire ennemi, à devenir spirituellement ‘Mères du Christ’; nous sommes mères quand nous portons Dieu dans notre cœur et dans notre corps par l’amour, et que nous l’enfantons par nos bonnes actions qui doivent être pour les autres une lumière et un exemple.”
Mais une question se pose alors: comment “imiter Marie pour faire naître un monde nouveau”? En Outremeuse, la réponse paraît presque évidente: “Il faut devenir du bon pèkèt!” Car, comme l’a si bien dit Tchantchès, “le pèkèt, c’est un produit obtenu par fermentation (pour l’alcool) et macération (pour les baies de génévrier). Eh bien, dans votre cœur, laissez fermenter et macérer l’amour de Dieu et ainsi, vous pourrez offrir à tous ceux que vous rencontrerez un excellent pèkèt de l’amour de Dieu !”




Photos: Dominique Servais
Relire l’homélie prononcée le 15 août en Outremeuse
Revoir la messe du 15 août en Outremeuse
Huy ou comment célébrer au pluriel
Cette année, Huy a vécu un 15 août tout à fait particulier: celui des Septennales!
L’histoire des Septennales remonte à l’année 1656. À cette époque, la ville subit une sécheresse considérable. Les autorités invoquent alors la Dame du Sart. En remerciement de l’intercession de la Vierge, il est promis d’organiser une neuvaine en août tous les sept ans.
Cette année, la neuvaine a débuté le samedi 8 août avec la descente de la Vierge et la procession menant de la place Saint-Denis à la Collégiale de Huy. Selon la tradition, ce sont les Sartois qui, la veille, revêtent la Vierge de la robe “Hesbaye – Condroz”, sa tenue pour les Septennales. Un habit qui donne à la sedes sapientiae romane l’allure d’une Vierge debout portant son enfant. Le samedi qui précède le 15 août, les Sartois la descendent vers la ville de Huy et “la prêtent à la fabrique d’église de la Collégiale le temps de la neuvaine”, précise Michel Teheux, co-président de l’ASBL des Septennales.
Mais l’on peut dire que les Hutois attendaient avec impatience le 15 août, véritable point d’orgue des Septennales. C’est sous un soleil plus que généreux qu’environ 10.000 personne ont pu voir un cortège inédit, prenant la forme d’une déambulation spectacle. Rassemblant artistes professionnels et bénévoles, le cortège retraçait l’histoire de Huy, mais aussi celle de la Vierge, avec un objectif: réussir à transmettre un message à un public pluriel. Car une des réflexions menées par Michel Teheux est de savoir “comment dire et transmettre aujourd’hui un message, qui a des codes bien définis, dans un monde pluriel et qui n’a plus forcément tous ces codes”. Un questionnement non sans lien avec le thème de cette édition des Septennales, "Les uns les autres", qui interroge le rapport à l’altérité et à la pluralité.
Si la déambulation spectacle était une nouveauté, le 15 août hutois réservait d’autres surprises! Aux côtés de Mgr Jean-Pierre Delville et des prêtres diocésains, participaient également au cortège Mgr Pierre Warin et le cardinal Jozef De Kesel.



Plus d’informations sur les Septennales: https://www.septennalesdehuy.com/
“Les puissants n’auront pas le dernier mot”
Au Sanctuaire Notre-Dame de Banneux, ce sont 25.000 personnes qui étaient attendues ce 15 août.
Dès le matin, près de 4.000 pèlerins se sont rendus à l’église de la Vierge des Pauvres pour assister à la messe internationale présidée par Mgr Jean-Pierre Delville. Animée par les chants de la chorale africaine Kristu Bolingo, la célébration a rassemblé toutes les nations, toutes les langues et toutes les cultures. L’évêque de Liège s’est d’ailleurs exprimé en pas moins de 4 langues: français, allemand, néerlandais et anglais. À Banneux, ce sanctuaire où toutes les nations se retrouvent et où Marie “donne un fondement à la paix entre les nations et indique le Christ comme source de la paix”, le monde a donc chanté Marie!
Lors de cette messe, il ne s’agissait pas seulement de prier pour Marie, il s’agissait également de prier pour la paix: “Oui, par Marie, le Seigneur nous conduit à des chemins de paix. Il nous oriente et nous guide, pour que nous trouvions la paix intérieure et que nous soyons des artisans de paix”, dira Mgr Delville lors de son homélie.
Prier pour la paix, mais aussi pour la Création, dans ce monde frappé par les guerres et marqué par de multiples catastrophes naturelles. Une prière d’autant plus forte que la veille de l’Assomption nous apprenions qu’un incendie commençait à ravager les Hautes-Fagnes. Mgr Delville ne manquera d’ailleurs pas d’adresser une pensée à toutes celles et tous ceux qui se battent contre ces flammes destructrices et de les confier à la Vierge Marie. Et c’est avec un message rempli d’espérance que l’évêque de Liège poursuit: “avec Marie, nous découvrons que les humbles, les petits et les victimes de ce monde sont relevés par Dieu et que les puissants n’auront pas le dernier mot.”



Pour lire l’homélie prononcée le 15 août à Banneux par Mgr Delville: https://www.evechedeliege.be/fr/messages-et-homelies
Sandra OTTE