La résurrection du Christ est un moment de joie qui se partage dans toutes les paroisses. On oublie cependant souvent de parler d’un endroit où le temps pascal se vit de manière toute particulière: la prison. C’est à Lantin que Sébastien Louis, aumônier carcéral pour la maison de peine, nous a donné rendez-vous au début du mois d’avril.
Chaque année, pour Pâques ou pour Noël, les aumôniers organisent des célébrations pour les détenus. Des personnes extérieures sont invitées “pour les entourer, manifester une présence fraternelle et élargir la communauté autour d’eux en créant un pont entre l’intérieur et l’extérieur, ce qui est très précieux”, précise Sébastien. La messe à laquelle nous avons été conviés s’est tenue dans la chapelle de la maison d’arrêt. Un lieu hors du temps où règnent sérénité et luminosité.
Des ténèbres à la lumière
Ce jour-là, 31 détenus de la maison de peine ont répondu présent. Dès qu’ils ont franchi les portes de la chapelle, tous ont serré la main de la dizaine d’invités extérieurs, le visage rayonnant.
L’abbé Alessio Secci a présidé la célébration avec justesse et sincérité. A travers son homélie, il a délivré un message d’espérance. Rappelant que Pâques est le moment où l’on célèbre le passage des ténèbres à la lumière, il a montré que même dans l’obscurité, une flamme peut toujours éclairer nos pas. Alors que, dans le monde carcéral, il est question d’enfermement, il a souhaité évoquer la délivrance que chacun peut espérer. Car s’ils vivent actuellement en cellule, les détenus peuvent néanmoins trouver en eux une liberté intérieure. L’abbé a en outre souligné l’amour incommensurable de Dieu: “Il sait les erreurs que nous avons commises. Mais Il nous aime encore”.
Un moment d’évasion
Il ne s’agissait pas d’une simple célébration pascale. C’était un moment suspendu hors de l’univers carcéral, bien que prenant place en ses murs. Là est certainement l’étrange paradoxe, mais aussi la beauté indicible de la présence divine et de la rencontre de mondes séparés – celui de la prison et celui de l’extérieur – réunis autour d’une même foi et d’un même message.
Après la messe, chacun a pu profiter d’un goûter préparé et servi par les invités. Ceux-ci ont pu échanger avec les détenus, écouter leur histoire et leur montrer qu’ils ne sont pas oubliés. Les jours qui ont suivi, les détenus ont manifesté leur joie auprès de Sébastien: “Hier, j’ai oublié que j’étais en prison…”, “C’était vraiment une très belle messe”, “J’ai adoré, ça m’a fait beaucoup de bien”… Une bouffée d’oxygène manifestant qu’ils comptent aux yeux de Dieu et aux yeux des autres.
Sandra OTTE