Visite de Mgr Delville au Centre culturel Yézidi de Liège

Publié le mardi 26 juin 2018

Le samedi 23 juin 2018, accompagné de la commission diocésaine pour le dialogue interreligieux, notre évêque Mgr Jean-Pierre Delville était en visite au Centre culturel Yézidi de Liège, situé rue de Porto, à Bressoux.

Jusqu’il y a quelques années, les Yézidis n’étaient pas du tout connus. Leur existence a été révélée au monde, en 2014, dans des conditions dramatiques. Lors de l’avancée des terroristes de l’Etat islamique en Irak, ils ont chassé de chez eux et persécutés les chrétiens présents depuis près de 2.000 ans dans la vallée de Ninive, mais aussi les Yézidis, dans la région du Sinjar. Les médias ont, à l’époque, fait écho de l’exode de femmes, d’hommes et d’enfants qui s’étaient réfugiés sur le mont Sinjar. Encerclés par les miliciens de Daesh, ils étaient menacés de famine. Ils furent sauvés par l’intervention des milices kurdes irakiennes. Toutefois, de nombreuses exactions et massacres eurent lieu dans des villages que certains n’avaient pas eu le temps de fuir. Des centaines de Yézidis furent tués, le 4 août 2014. Des femmes de la communauté ont été enlevées comme esclave sexuelle par les chefs de Daesh. Depuis lors, certaines d’entre elles ont été libérées contre rançon réclamée à leur famille. D’autres l’ont été lors de la reprise de la région par l’armée irakienne, mais certaines seraient toujours retenues par des hommes de Daesh ou sont portées disparues.

Les Yézidis proviennent d’une région du Moyen Orient qui s’étend sur trois  pays actuels: la Turquie, la Syrie et l’Irak. Ils parlent le Kurde, mais ont une religion propre, le Yézidisme. Il s’agit d’une religion monothéiste très ancienne, dont le calendrier commence 4.750 ans avant Jésus Christ. Cette religion trouve ses origines dans le peuple des Mèdes qui peuplait une région située dans le Nord-ouest de l’Iran. Il faut souligner qu’il s’agit d’une religion qui n’est pas missionnaire. On naît yézidi ou pas. On ne le devient pas.

Une première vague de réfugiés est arrivée en Belgique, vers 1985, suite aux combats entre l’armée turque et le PKK kurde, au Kurdistan turc. De nouveaux réfugiés sont arrivés après les massacres de 2014 en Irak.

En arrière-plan, le principal lieu de culte des Yézidis : le temple de Lalech. Ce lieu saint est situé dans la province de Ninive, dans le Kurdistan irakien.

Environ 200 familles vivent à Liège et environ. Le centre culturel est un lieu pour les célébrations religieuses, mais aussi les fêtes, activités culturelles et activités pour les jeunes. En 2016, la communauté yézidie s’était adressée à Mgr Delville pour faire sonner les cloches de la Cathédrale, le 4 août, pour se souvenir des massacres perpétués deux ans auparavant. Depuis lors, les contacts avaient été maintenus et ils ont abouti à cette visite au centre culturel.

Les échanges furent très fraternels et enrichissants. Pour cette petite communauté, la venue de l’évêque était une grande joie. Les Yézidis sont en recherche de contacts et d’une reconnaissance car leur religion est largement méconnue. Les participants yézidis et catholiques ont promis de se revoir pour poursuivre ces relations fraternelles, à un moment où notre société a tant besoin de dialogue et de rencontre de l’autre.

François Delooz