Une liégeoise nouvelle prieure de la communauté d’Hurtebise

Publié le samedi 11 septembre 2021

Le 24 août, sœur Marie-Jean Noville était élue prieure de la Communauté bénédictine d’Hurtebise. Agée de 45 ans, sœur Marie-Jean a rejoint cette communauté située à deux pas de Saint-Hubert, il y aura 20 ans en novembre prochain. La nouvelle prieure est la première étonnée de cette élection et ignore encore ce que cela va impliquer comme changements dans son quotidien. La prieure, pleine de sagesse:  »J’ai coutume de dire: ‘un jour à la fois dans la foi »’. Elle succède ainsi à sr Myrèse qui occupait cette responsabilité depuis 24 ans!

Sœur Marie-Jean Noville ne manque pas d’humour. La photo qui, sur le site internet du monastère Notre-Dame d’Hurtebise, accompagne les quelques lignes annonçant son élection la montre faisant de la trottinette. Dynamique, la nouvelle prieure avoue qu’elle aime cette photo pour son côté ludique.
Sœur Marie-Jean retrouve tout son sérieux pour parler des nouvelles responsabilités qui sont les siennes. Dimanche dernier, elle a été élue prieure, responsable de la communauté. Jamais, jusque-là, elle n’avait pensé un instant que son nom pouvait sortir de l’urne!  « Je n’ai même pas voté pour moi. » Et d’ajouter: « Je me suis demandé ce qui m’arrivait… » La nouvelle prieure laisse s’écouler un court moment de silence avant de poursuivre:  « Mes consœurs ont dû juger que je pourrais être capable d’assurer la charge. »

Une charge qu’elle va découvrir petit à petit. Et elle sait qu’elle pourra compter, pour l’accomplir, sur les sages conseils de sœur Myrèse, prieure pendant 24 ans. Elle compte encore pour la guider sur l’Esprit-Saint. « Je suis responsable de la communauté mais le vrai responsable est Dieu lui-même qui me porte comme il porte toute la communauté. » Elle se retrouve ainsi à la tête d’une communauté forte de seize moniales bénédictines: la plus jeune a 34 ans et la plus âgée 93 ans.

Chercher Dieu

Sœur Marie-Jean le reconnaît, elle a découvert Hurtebise, par hasard. Elle y était venue, la première fois, en retraite, avec une amie. Elle avait alors 17 ans et se préparait à entamer des études supérieures. C’est à UCL qu’elle a décroché une licence en philologie classique et un baccalauréat en sciences religieuses. Si à 12 ans, elle avait pensé entrer dans la vie religieuse, son projet avait évolué avec l’adolescence. Avant de redevenir plus que jamais d’actualité au cours de ses études en sciences religieuses. Et d’une découverte: son grand intérêt pour l’exégèse… La jeune Liégeoise – elle a gardé une pointe de ce savoureux accent – prenait sa décision: elle serait religieuse.
En novembre prochain, il y aura 20 ans qu’elle a rejoint la communauté bénédictine d’Hurtebise. Elle avoue avoir été séduite par la communauté, son sens de l’hospitalité, le goût pour les Ecritures, l’ouverture au monde…Une communauté de femmes dont le désir est de chercher Dieu dans la prière liturgique mais aussi dans la prière personnelle, dans le travail au quotidien… Ainsi la nouvelle prieure était jusqu’il y a quelques jours encore régulièrement présente dans l’atelier où les hosties sont préparées.

Et demain quel sera le quotidien de sœur Marie-Jean Noville ? Pourra-t-elle comme elle l’a fait pendant tant d’années accompagner les personnes qui fréquentent le monastère? Les novices? Elle ne le sait pas encore.

Son emploi du temps était déjà bien chargé au sein du monastère mais aussi au Centre National des Vocations où elle est coordinatrice. Elle est ainsi associée à une profonde réflexion qui va vers un regroupement des communautés. Des communautés trop petites ne pouvant plus être pleinement autonomes. Des regroupements qui s’opèrent selon les affinités, les orientations… Ainsi trois des quatre dernières bénédictines du monastère d’Oriocourt – aujourd’hui fermé – ont quitté la Lorraine pour s’installer en Belgique, à Hurtebise. Mgr Lagleize, évêque de Metz, encore en fonction à cette époque, confiait aux religieuses belges et françaises la mission de prier pour l’Europe et de faire connaître le rayonnement du Serviteur de Dieu Robert Schuman. A cette prière quotidienne s’ajoute, le 3e vendredi du mois, les vêpres pour l’Europe.

Même avec un agenda qui va se remplir très vite, la jeune prieure est bien décidée à garder un peu de temps pour la calligraphie mais aussi pour profiter de cet environnement, de cette nature qui entoure le monastère. Sans oublier de regarder vivre les vaches, les plus proches voisines! Un lieu d’une grande beauté, paisible, idéal pour prier, méditer.

Christine Bolinne, Diocèse de Namur – Article Cathobel du 26 août 2021

Lisez également l’article dans l’Avenir du samedi 11 septembre 2021