Une Liégeoise au cœur d’Alep – Pour une société plus juste

Publié le mercredi 22 janvier 2020

Un engagement caritatif au cœur d’Alep (Syrie) transforme profondément la vision du monde et la foi d’une jeune femme de notre diocèse. Sonia Rixen, une jeune infirmière, est depuis le début du conflit syrien touchée par le sort de la communauté chrétienne. Elle a été édifiée en 2014 par l’attitude de chrétiens qui meurent en martyrs.

Sonia Rixen reçoit l’accueil chaleureux de cinq sœurs travaillant dans les soins infirmiers

Elle suit de la Belgique la « libération » d’Alep par les militaires de Bachar-al-Assad soutenus par la Russie. En juin 2018, elle entend un appel des sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition pour venir les rejoindre. Ces dernières sont à la recherche d’infirmières pour deux ans. Cette information la touche profondément: « L’appel fait écho en mon cœur et ne me lâche plus jusqu’à ce que j’y réponde ». Six mois plus tard, elle s’envole vers Beyrouth puis prend un taxi jusqu’à Alep.

Pendant 5 mois, cette jeune infirmière interviendra dans différentes situations à l’Hôpital Saint-Louis: « Je verrai plusieurs anciens blessés de guerre (éclats, obus…) mais la plupart du travail concerne des opérations courantes« . Elle est impressionnée par la qualité du travail malgré les ressources limitées dont dispose l’hôpital. Un tiers des patients hospitalisés ne sont plus capables de payer les soins. L’hôpital est donc subventionné par une série d’associations comme Caritas, la Compagnie de Jésus, ou encore les Maristes bleus.

Sonja Rixen et une copine infirmière devant la Citadelle d’Alep

Cet engagement volontaire va aussi transformer profondément sa vision du monde. Elle est d’abord interpellée par la situation de ses pairs: « Ici la majorité de la jeunesse est partie ou espère partir pour échapper aux désastres des conséquences de la guerre liées à la récession économique, à la perte de maisons, à la déscolarisation, à l’insécurité…« . Dans ce contexte, les plus anciens ne sont pas mieux lotis: « de nombreuses personnes âgées se retrouvent seules, ce qui ne correspond pas du tout à leur culture« . A côté des blessures somatiques qu’elle soigne à l’hôpital, Sonia s’inquiète de la détresse psychologique qui règne en ces lieux. La guerre a apporté son poids de malheur qu’il est difficile d’oublier.

Celle qui a répondu à un appel intérieur s’est ensuite retrouvée en porte-à-faux avec son identité européenne. « Au vu de la misère, je me pose la question de la position de l’Europe qui maintient encore l’embargo vis-à-vis de la Syrie, ce qui empêche les gens de se relever« . De cet engagement nait en elle une réflexion politique qui tente de comprendre les causes de cette inertie. A côté de cet enlisement, elle propose à notre gouvernement des pistes d’action: « Je crois qu’une part de notre responsabilité serait de rapatrier et de juger les radicaux de notre pays, et que chaque pays étranger fasse de même pour que grandisse un vrai espoir de paix« .

Enfin, sa foi ressortira grandie de cette expérience. Même si, selon elle, « son travail n’a été qu’une goutte d’eau dans un océan » de misère, elle a à cœur aujourd’hui d’annoncer un message de paix. Elle prône une paix cohérente: « La paix n’est pas un phénomène extérieur, elle commence d’abord en nous par la prière, l’amour et le pardon, puis alors seulement elle pourra être partagée« . Sonia Rixen espère que cette valeur européenne puisse naitre dans le cœur de chacun en vue de construire ensemble une société plus juste.

Jean-Philippe DE LIMBOURG

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le blog de Sophie Rixen https://alepenvol.jimdofree.com/. Si vous voulez aider l’hôpital d’Alep, adressez-vous à SOS Chrétiens d’Orient en mentionnant Hôpital Sonia Rixen – IBAN FR76 3000 3030 5200 0505 4451 121 / BIC SOGEFRPP.

Légende photo: Sonia Rixen reçoit l’accueil chaleureux de cinq sœurs travaillant dans les soins infirmiers.