Un signe pour notre temps ?

Publié le jeudi 31 octobre 2019

Baudouin Charpentier, vicaire épiscopal, nous parle des projets d’habitations groupées qui sont au cœur de sa pastorale. Il y voit un signe d’espérance pour l’Église et un nouvel élan pour l’avenir. Il ne s’agit pas seulement pour lui d’une occasion à saisir, mais de germes à provoquer.

Stan, Hope, Benoit et Hadrien (de gauche à droite), les quatre colocataires du ‘colloc’saint Vincent

D’où est venue l’idée d’ouvrir des maisons d’accueil solidaires dans le diocèse?

BC: Nous avons été appelés à nous mobiliser par des personnes cherchant à se reconstruire pour sortir d’une difficulté momentanée. C’est ainsi qu’est né le projet Résilien’Tiel porté par Caritas Secours, avec le soutien de l’asbl paroissiale de Belleflamme. Nous occupons une maison qui accueille quatre personnes. Par ailleurs, j’ai été sollicité, il y a quatre ans, par Sœur Bérengère Noël qui cherchait à répondre aux attentes des personnes dans la précarité. Nous avons interpellé des paroisses pour un nouveau projet et le conseil de fabrique de Saint-Denis Liège s’est montré d’emblée preneur. Nous avons ouvert la Casa Béthanie dans un presbytère au cœur de Liège avec une famille. Actuellement, il y a encore deux autres volontaires et deux personnes accueillies.

À côté des maisons d’accueil, il existe aussi une colocation solidaire dont vous êtes l’initiateur?

B.C.: Au presbytère de Saint-Vincent Liège, j’ai décidé d’ouvrir cette maison à trois jeunes adultes. Je les ai rassemblés autour d’un projet intitulé “colloc’saint Vincent“. Nous vivons sans prétention une vie communautaire où nous préparons et partageons un repas en soirée une fois par semaine. Le projet est de proposer aux jeunes locataires une rencontre mensuelle avec d’autres jeunes chrétiens du diocèse.

En quoi le contexte sociétal et ecclésial est porteur de tels projets?

B.C.: Je suis témoin de l’engagement fréquent de jeunes gens dans des projets citoyens pour accueillir des migrants, lutter contre les changements climatiques, vivre dans des habitats groupés. Il y a comme un “signe des temps” qui pousse des jeunes à s’engager dans des associations solidaires et créatrices de liens. Je crois aujourd’hui en l’existence de petits lieux féconds qui vivent en équipe, partagent la Parole, échangent leur joie et leur peine. Je m’inscris dans une Église de communion qui se construit en repérant les forces de chacun. Nous sommes souvent dans l’éclatement de nos lieux d’appartenance au lieu de nous rassembler dans des projets fédérateurs et porteurs de sens.

Pensez-vous que ce type de projets a un avenir?

B.C.: J’entends l’appel du pape François qui nous invite à aller vers les périphéries. Il ne s’agit pas seulement des périphéries existentielles, mais aussi des périphéries géographiques. Nous devons sortir de Liège pour étendre ces projets à l’ensemble du diocèse. Il y a par exemple un nouveau projet, né dans un village du diocèse, en vue de mettre à la disposition d’une famille un presbytère pour assurer une présence chrétienne et l’entretien du lieu. Je pense aussi à l’importance des petites communautés religieuses à Huy, Mehagne, Grâce-Hollogne qui font, avec d’autres, de l’accueil, des tables de Parole, ou des repas avec les personnes de leur quartier. Les initiatives ne manquent pas, mais elles doivent être encouragées.

Jean-Philippe de LIMBOURG

Source: article principale de Dimanche-Eglise de Liège N°39 du 3 novembre 2019