Un avenir œcuménique pour les églises?

Publié le jeudi 24 janvier 2019

Il y a plus d’un an a été lancé le projet « Objectif 2020 » destiné à assurer un avenir aux bâtiments d’église. Parmi les solutions proposées, on trouve l’usage partagé des lieux entre Églises chrétiennes de différentes confessions. Nous avons rencontré l’auteur du projet, l’abbé Éric de Beukelaer.

La semaine de prière pour l’unité des chrétiens touche à sa fin. Une fois de plus se pose la question: comment rendre visible et palpable la communion retrouvée entre les disciples du Christ? Pourrait-on imaginer une cohabitation entre Églises chrétiennes en un même lieu? Une église catholique pourrait-elle devenir un lieu de culte orthodoxe ou protestant?

Le directoire pour la gestion du temporel des cultes appelé « Objectif 2020 » et sorti de presse il y a un an répond par l’affirmative: “Dans certains cas, (…) d’autres communautés catholiques ou chrétiennes peuvent utiliser une église pour leurs activités liturgiques ou pastorales, moyennant une convention d’utilisation (…). Des communautés catholiques d’une Église orientale ‘sui iuris’ ou des communautés catholiques d’origine étrangère (…) sont prioritaires. D’autres Églises chrétiennes ou communautés ecclésiales entrent en considération pour un usage partagé de l’église paroissiale, aux conditions fixées dans les §§ 137-142 du Directoire œcuménique du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité entre chrétiens. En pratique, il s’agit d’Églises ou de communautés ecclésiales, affiliées au Conseil œcuménique des Églises. Une autorisation écrite de l’évêque est requise préalablement.”

Donner vie aux bâtiments

Le chanoine Éric de Beukelaer, vicaire épiscopal pour les affaires temporelles, va dans le même sens: « Notre objectif est de donner vie à des églises qui ne sont plus utilisées beaucoup. À ce niveau, tous ceux qui se reconnaissent du même Christ ont une place privilégiée dans nos églises. Saint-Jean-Baptiste à Verviers a été désaffectée au culte catholique dans l’idée de l’affecter au culte orthodoxe grec qui cherchait une église sur Verviers. À Liège, la chapelle du Calvaire est occupée actuellement par des orthodoxes géorgiens. »

Cela ne veut pourtant pas dire qu’on accepterait n’importe quel groupuscule évangélique animé par un pasteur autoproclamé: « Face aux communautés ‘free-lance’, le diocèse de Liège a une politique prudente mais ouverte, explique Éric de Beukelaer. Il va de soi que quand une communauté n’est pas reconnue par l’autorité officielle, notamment des Églises évangéliques, on est plus prudent. Mais ce n’est pas pour cela qu’on ferme toutes les portes. Dans chaque cas, nous essayons d’avoir des discussions avec les responsables pour savoir: quel est le Credo de cette Église? Quelle est son attitude par rapport aux autres Églises chrétiennes, notamment les catholiques? Il faut donc discerner… »

Une église œcuménique?

Pourrait-il y avoir un jour un lieu de culte vraiment œcuménique, notamment Sainte-Croix à Liège? Éric de Beukelaer se montre prudent: « Sainte-Croix restera une église catholique mais pourrait accueillir les chrétiens de toutes les dénominations, avec l’aide de la Communauté du Chemin Neuf et la concertation des Eglises de la province de Liège. Il faut qu’on soit dans la fraternité, dans le partage, mais pas dans la confusion. Au niveau des relations œcuméniques, on a fait des pas de géants, et il faut continuer d’avancer en espérant que nous retrouvions un jour la communion complète. »

Ralph SCHMEDER