TOUS SAINTS!

Publié le jeudi 28 octobre 2021

Comme chaque fête, la Toussaint a son histoire et sa signification particulière. Dans l’Eglise romaine, il a fallu presqu’un millénaire avant qu’elle ne trouve sa place définitive dans le calendrier.

“J’ai peine de votre peine”, saint Vincent de Paul

Une fête des martyrs apparaît en Orient au IVe siècle, à l’approche de Pâques. En Occident, à Rome, cette fête n’est attestée qu’au début du VIIe. Au VIIIe siècle, une fête, non seulement des martyrs, mais de tous les saints, est célébrée en Angleterre au 1er novembre, pour concurrencer une fête païenne qui célébrait le souvenir des ancêtres et donnait lieu à des festins fort copieux. Au Xe siècle, Rome adopte la date du 1er novembre comme jour de la fête non seulement des martyrs, mais aussi de tous les chrétiens qui sont passés de ce monde à celui de Dieu, à la suite de Jésus et de Marie.

Vers la même époque, en 998, l’abbé de Cluny, Odilon, instaure une célébration de la commémoraison de tous les défunts le 2 novembre. Comme, à l’époque, Cluny comptait plus de mille monastères répandus en Europe, la célébration des fidèles défunts s’est répandue dans tout l’Occident.

Une foule immense

Procession des flambeaux à la Toussaint

Le 1er novembre, la lecture de l’Apocalypse de St Jean (7,2-4.9-14) donne le ton à la célébration: “…J’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau (le Baptême): ils étaient 144.000… Après cela, je vis une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient devant le trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main…. Ce texte donne un enseignement capital: ce ne sont pas uniquement les chrétiens issus du judaïsme qui participeront à la fête sans fin, mais aussi toutes les personnes, connues et inconnues, qui ont vécu leur séjour terrestre, parfois dans l’épreuve et les difficultés (“Ils viennent de la grande épreuve (les persécutions)… Ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l’Agneau) et qui ont gardé la foi.

Les saints sont-ils des héros? L’évangile de la fête proclame ces paroles célèbres: “Heureux les pauvres de cœur! Heureux les doux! Heureux ceux qui pleurent, qui ont faim et soif de justice! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice…(Mt 5,1-12a). Les saints se distinguent du commun des mortels. Ils ont pleuré, mais ont tenu bon. Malgré leurs épreuves, ils ont gardé la petite flamme de l’espérance. Ces gens ont donné le meilleur d’eux-mêmes, même s’ils n’ont sans doute pas été parfaits.

Etre un saint, c’est apporter ne fût-ce qu’une petite contribution à l’édification du monde. Jésus n’a-t-il pas dit que donner un simple verre d’eau à quelqu’un qui a soif, mérite déjà une récompense (Mt 10,42)?

Située à la fin de l’année liturgique, la Toussaint poursuit la logique de la fête de Pâques. Elle symbolise l’aboutissement de toute l’œuvre divine: rassembler toute l’humanité, particulièrement l’humanité souffrante, en vue de la faire participer au triomphe du Christ.

Jean-Philippe KAEFER