Témoignages de jeunes femmes engagées dans l’Eglise catholique

Publié le mercredi 12 mai 2021

Ces derniers mois, l’ouverture des ministères de l’acolytat et du lectorat aux laïcs des deux sexes a ranimé la discussion sur le rôle des femmes dans l’Eglise. Seront-elles un jour ordonnées « diaconnesses«  ou « prêtresses« ?

Voici d’abord une réflexion de Bénita Mutoni, permanente au Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ).

Sans femme, pas d’Eglise!

Je commence par des exemples vécus: Ma grand-mère maternelle a joué un rôle important pour la transmission de la foi au sein de notre famille. Lors des différentes catéchèses que j’ai suivies (communion, profession de foi, confirmation), je n’ai eu que des « mamans catéchistes ». Quand je vois l’assemblée d’une messe, je constate que ce sont essentiellement des femmes qui sont présentes. Lorsque je regarde mes amis qui font baptiser un de leurs enfants, ce sont généralement les mamans qui font les démarches pour demander le baptême. Et dans le diocèse de Liège, les postes d’assistants paroissiaux sont très majoritairement occupés par des femmes.

Plus de reconnaissance

Ces quelques exemples suffisent pour rappeler que ce sont essentiellement elles qui font vivre l’Eglise. Et pourtant, ce qu’elles font n’est pas toujours mis en valeur. D’ailleurs, dernièrement, deux reportages ont été diffusés sur les deux grandes chaînes TV francophones sur l’Eglise d’aujourd’hui; dans aucun des deux reportages, on ne voyait une femme active au sein de l’Eglise au premier plan.

Je pense que pour la majorité des personnes, l’Eglise c’est d’abord le prêtre… Effectivement, l’Eglise a bien besoin de prêtres, mais au vu du travail de fond effectué, les femmes ne devraient-elles pas être plus reconnues? Être reconnu, cela ne veut pas forcément dire être toujours sur le devant de la scène, mais on pourrait au minimum les encourager. Et aussi trouver un moyen pour que le rôle important joué par les femmes dans la transmission de la foi mais aussi dans le maintien d’une vie au sein des communautés soit admis dans l’inconscient collectif, par exemple en mettant plus en valeur les fonctions qu’elles occupent majoritairement. Si on prend l’exemple des assistantes paroissiales, dans l’esprit de nombreuses personnes, ce sont « juste les secrétaires » du curé… En réalité, leur rôle va bien plus loin que cela!

Benita MUTONI

Ordination d’une femme prêtre, G.Walker, par l’Association des femmes prêtres catholiques à Brecksville, Ohio

Être femme dans l’Eglise catholique romaine?

Pour moi, cette question de la place des femmes engagées en Eglise est très importante. Contrairement à ses ascendantes, la femme d’aujourd’hui n’est plus sous une autorité masculine et a pu prendre les mêmes responsabilités que les hommes dans la société civile. Elle a pu se détacher progressivement de la forte influence patriarcale qui, à l’époque, était soutenue et justifiée par l’Eglise. Mais l’Eglise, qui est devenue au fil des siècles une institution sexiste et misogyne, s’éloignant ainsi du message du Christ son fondateur, a-t-elle changé?

Besoin d’une vraie égalité

La femme catholique romaine vit ainsi de nos jours une sorte d’anachronisme, puisqu’en Eglise, elle est toujours reléguée au second plan. La parenthèse de Vatican II, qui avait donné un espoir aux laïcs, en ce compris toutes les femmes, en prônant leur engagement responsable dans la pastorale, a bien vite été refermée. En effet, Jean-Paul II a cadenassé un retour en arrière en scellant la supériorité du prêtre sur tout laïc dans le droit canon.

Les évêques de Belgique ont dernièrement su se démarquer des autorités de Rome en défendant la bénédiction des unions homosexuelles. Cette démarche ne peut qu’être saluée, mais pourquoi ne dénoncent-ils pas également la blessure occasionnée aux femmes (soit la moitié de l’humanité) par leur relégation dans l’Eglise? Rien de théologique ne le justifie. Le plus dramatique, c’est que pour moi, cela met la transmission du message chrétien en danger.

L’Eglise serait plus ouverte, dynamique et attrayante si les femmes pouvaient accéder, en son sein, aux mêmes responsabilités que les hommes.

Pour terminer, je rappellerai le verset 28 du chapitre 3 de la lettre de saint Paul aux Galates: « Il n’y a plus… ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme, car tous vous n’êtes plus qu’un en Christ Jésus.« 

Blandine CHARLIER, chrétienne engagée en paroisse