Solidarité et citoyenneté : St-Servais mobilisé pour les Iles de Paix

Publié le mercredi 26 décembre 2018

Le collège liégeois est uni les 12, 13 et 14 janvier pour l’ONG lancée par le Père Pire, lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1958. Professeurs, élèves, anciens sont sensibilisés par une action durable humainement respectueuse.

Depuis 1972 – lancée par les scouts de Saint-Servais et chère à M. Counson, toujours de la partie – l’Opération Îles de Paix se déroule au collège de la rue Saint-Gilles à Liège avec la collaboration de plus de la moitié des professeurs, des élèves et des anciens. «Au mois de mars 2018, dit Mme Demarcin qui porta le projet Tanzanie avec une équipe d’enseignants, nous avons été contactés par les Îles de Paix pour une action concrète avec des élèves. Il fallut en trois mois monter le projet avec des élèves motivés pour le voyage, leurs formation – le soir, le week-end, sur le temps de midi – et sensibilisation.» Au menu de ce début de janvier : vente pendant trois jours de modules à 6 euros, de trois bracelets et d’essuies à 10 euros.

Motivés, formés et… touchés

Sur 60 candidatures, une vingtaine fut retenue sur base d’une lettre de motivation. But du voyage des jeunes: faire comprendre que l’agriculture familiale répond au problème nutritionnel actuel au contraire de l’agro-business et montrer l’amélioration des réserves d’eau gérées par des techniciens locaux au profit des populations. Outre la gestion des terres, l’accent est mis sur les semences, techniques de production, stockage, transformation et commercialisation.

« Les élèves, dit Mme Demarcin, sont des passeurs de mémoire, des témoins. La vente de modules est importante, leur conscientisation aussi. Ils ont fait part aux plus jeunes du collège de ce qu’ils ont vu en ville, dans un marché, une école, en mangeant autour d’un puits et témoigneront en une expo photos numériques en mars. »

Premier pas dans l’humanitaire

Elle a 17 ans, un sourire large comme un cœur d’enfant et un plaidoyer d’adulte. Partie en Tanzanie, taraudée par les clichés et six ans de reportages au collège sur les Îles, Lison Corbisier est revenue déterminée. Jamais elle n’oubliera ce qu’elle a vu à Arusha. Ni la terreur d’enfants voyant pour la première fois des Blancs, ni les larmes de ses condisciples devant des classes de 50 à 60 élèves, des enfants menant leurs troupeaux loin pour boire, ces terres avec points d’eau volées au Masais par des étrangers chasseurs, ces femmes et enfants mendiant dans toutes les rues d’Arusha. «J’avais été sensibilisée, dit-elle, en primaires à Ste-Véronique par Action Damien mais je voulais voir de mes yeux, vivre là-bas. L’ONG place des robinets pour les humains près des villages et permet aux enfants de faire boire leurs troupeaux ailleurs. Les maisons sont en excréments animaux; on y dort à même le sol sur une peau de bête. J’ai offert à ma correspondante tanzanienne des fruits et légumes pour une semaine pour sa famille. Dont coût 40 centimes d’euro; en retour une tendresse qui vaut tout l’or du monde.»

Thierry DE GYNS