Un jeune Africain au service du diocèse

Publié le mardi 25 juin 2019

Joie pour l’évêque de Liège et ses diocésains : ce dimanche 30 juin à 15 h, Yves Tchoumoudi, un jeune homme de 30 ans originaire de Côte d’Ivoire, a reçu l’ordination presbytérale à la cathédrale de Liège des mains de Mgr Delville! Rencontre avec le futur prêtre.

Yves Tchoumoudi lors de son ordination diaconale, le 30 septembre 2018 à Ouffet

Comment est née votre vocation?

Je suis devenu acolyte en paroisse à l’âge de 7 ans. Je me souviens que peu de temps après, j’ai déjà demandé à mon curé de pouvoir entrer au Petit Séminaire. Ce qui m’attirait à l’époque, c’était les habits des prêtres, les chasubles et étoles… Mais au fil du temps, ma vocation a mûri et a trouvé d’autres motivations. En fait, “l’habit fait le moine”, mais pas encore le prêtre… J’ai commencé alors le séminaire avant de faire un master en philosophie à l’université.

Pourquoi avoir changé de pays?

A l’époque, j’avais 24 ans. Je fais partie d’une famille recomposée. Ma mère, qui s’était remariée avec un Belge, m’a invité à la rejoindre pour vivre avec mes deux frères. J’étais d’accord à condition de pouvoir poursuivre mes études au Séminaire. Après une année de formation en communication, j’ai été admis comme séminariste pour le diocèse de Liège. Je suis rentré au Séminaire de Namur pour les quatre années de théologie et le diaconat.

Ces dernières années, l’image de marque du prêtre a beaucoup souffert, notamment à cause des scandales de pédophilie. Est-ce que cette actualité a provoqué des doutes chez vous?

Non, je n’ai pas douté, mais j’ai beaucoup réfléchi. C’est l’image du prêtre et de l’Eglise qui sont ternies par ces scandales. Je me dis toujours que l’Eglise est sainte, mais les personnes qui la constituent ne le sont pas. Je reste convaincu que j’ai choisi la bonne voie, et je prie pour que tous les représentants de l’Eglise restent toujours dans le droit chemin.

Il y a peu d’ordinations dans notre diocèse, comme d’ailleurs en général en Europe occidentale. Pourquoi les jeunes Belges ne se laissent-ils plus convaincre de choisir le sacerdoce?

Je ne pense pas qu’il faille “convaincre” les jeunes, surtout s’ils risquent de ne pas être heureux. Il faut plutôt leur montrer l’exemple, leur donner le désir d’accepter l’appel du Seigneur. Chacun est libre de dire oui ou non. Mais nous pouvons montrer à ceux qui sont appelés qu’on peut être heureux dans cette vocation.

Pour vous qu’est-ce que c’est, être prêtre?

Sa première mission est évidemment de dispenser les sacrements de l’Eglise, mais il y a bien plus. C’est vivre avec les gens leur soucis et leurs joies, leur quotidien, être un témoin pour eux et les renvoyer à l’exemple du Christ. Tout en étant berger, le prêtre n’est pas au-dessus des gens, mais il doit partager leur réalité de vie. Les stages que j’ai vécus à Herstal et dans le Condroz pour me préparer à l’ordination m’ont d’ailleurs beaucoup aidé. J’ai mieux compris comment les gens vivent leur foi. J’ai compris aussi que la vitalité d’une communauté ne dépend pas avant tout d’une église remplie ou vide aux eucharisties, mais de toute une série de domaines pastoraux, comme la visite des malades ou la pastorale des jeunes.

Comment voyez-vous l’avenir du prêtre et de l’Eglise?

Il y aura moins de prêtres, mais l’Eglise s’adapte toujours aux réalités données. Aujourd’hui, les prêtres travaillent de plus en plus en synergie avec des paroissiens qui s’engagent et donnent beaucoup de leur temps, notamment via les équipes pastorales et d’autres organes de gestion. Et c’est une bonne chose…

Propos recueillis par Ralph SCHMEDER

Accès à la galerie d’images de l’ordination presbytérale de ce dimanche, 30 juin 2019.

Podcast de la retransmission de l’ordination presbytérale de ce dimanche 30 juin 2019: https://rcf.fr/actualite/actualite-religieuse/ordination-presbyterale-d-yves-tchoumoudi

Informations complémentaires : Séminaire épiscopal, Rue des Prémontrés 40, 4000 Liège – 04/223.73.93 – seminaire@liege.catho.be.