Maisons de repos et Covid-19 : le regard des visiteurs de malades

Publié le mardi 23 février 2021

En novembre 2020, Amnesty International a publié un rapport sur les droits humains des personnes âgées pendant la pandémie. La première phrase du rapport en dit long: « Pendant la première période de l’épidémie de COVID-19 en Belgique, les droits humains des résident(e)s des maisons de repos et maisons de repos et de soins ont été violés« .

Les médias ont largement couvert les situations dramatiques vécues dans les maisons de repos: manque d’équipement de protection, manque de tests, personnes en insuffisance respiratoire qui n’ont pas été hospitalisées, des personnes mortes seules, sans personne à leur côté, des résidents enfermés dans leurs chambres pendant des mois.

Le rapport souligne que tous ces manquements ont permis au virus de se propager davantage dans les maisons de repos et ont constitué une violation de l’obligation des autorités de protéger le droit à la vie et le droit à la santé du personnel et des résidents.

Répondre au désespoir

Dans le diocèse de Liège, les échos des visiteurs de malades vont dans le même sens. De nombreuses familles n’ont pas pu accompagner leur proche dans les derniers moments. Les résidents témoignent d’un grand désespoir, de la vie entre quatre murs qui devient un supplice. Les visiteurs ont tenté de rester en contact par courrier, par téléphone, par message.

Dans une maison de repos, l’équipe des Visiteurs prévoyait un petit mot tous les dimanches à côté de l’assiette de tous les résidents. Les Visiteurs ont ressenti l’urgence de cette situation. Sans perspectives de se retrouver, sans la joie de moments passés ensemble, sans la proximité de ceux que l’on aime, la vie commence à ressembler à la mort.

En même temps, beaucoup de témoignages insistent sur les énormes efforts des directions, du personnel soignant et technique – souvent en effectif réduit – pour soulager les résidents, les réconforter, trouver les gestes qui rendent un peu d’espoir.

Mais, des questions se posent: comment en est-on arrivé là? Comment protéger le droit à la vie des aînés? Le Service diocésain des visiteurs de malades et tout le Vicariat de la Santé vont y réfléchir pour que la proximité avec les personnes âgées en institutions de soins soit une réalité, en tout temps.

Isabelle VANCEULEBROECK