Liège à Lourdes – Quelle belle famille « Fraternel »!

Publié le jeudi 29 août 2019

Ils sont venus, de tous les horizons, de toutes les saisons. Si on devait vous conter un pèlerinage à Lourdes quand on en revient pour la première fois, on conseillerait d’inspirer profondément, de fermer les yeux et de vous laisser transporter.

Messe à la grotte de Lourdes du lundi 19 août

Imaginez, une petite localité du sud-ouest de la France, traversée par le Gave, avec son Pont Vieux au pied duquel une boutique de dentelles rappelle un temps qui n’est plus. Imaginez, une esplanade bordée d’arbres, des sanctuaires par dizaines servant de décor à la plus grande des chapelles, élevée au-dessus de la grotte de Massabielle. La Grotte… obsession de tous, dès que l’on pose pied à terre. Lieu de rendez-vous et de convoitise, à toute heure du jour et même de la nuit, de toutes les communautés, de la jeunesse enflammée, des malades, des familles joyeuses et des aînés entourés venus remercier d’une grâce, espérer un petit miracle. Paupières closes, on écoute l’Ave Maria s’élever du clocher des églises.

Partout, on prie en silence, on prie ensemble ou discrètement. Partout, tout le temps, des chorales s’improvisent, des échanges naissent, des solidarités jaillissent telle l’eau de source de la grotte si jalousement protégée. Partout, porteurs de cierges croisent des enfants filant bougies à la main vers la chapelle des lumières. Ici, les cierges pleurent contre mille espoirs et mercis déposés.

Vivre Lourdes est en réalité indescriptible pour ceux qui hésitent à se laisser transporter. Omettant volontiers les marchands du temple et de souvenirs habillant par centaine le pied des sanctuaires, on en revient vite à l’essentiel. L’Immaculée conception. Chantée ici, priée là-bas, adorée plus loin. Partout, tout le temps. De la Messe internationale on revient ragaillardi par cette ferveur commune partagée par tant de chrétiens des quatre coins du monde.

Oui, les pèlerins sont une famille. Et quelle famille! Brancardiers et hospitaliers tiennent le haut du pavé sur le parvis de Notre-Dame de Lourdes, sourire et bienveillance aux lèvres. Par tous les temps, les premiers filent, poussent, tirent, rient, conversent et s’intéressent de près à leur « protégé » du jour ou de la semaine. “On vient rendre service, on aime ça”, commentent-ils fièrement. Et quel service! Ce mouvement de chaises et de voiturettes est une valse à mille temps permanent. Dès l’aube, jusqu’à la nuit tombée, quant au cœur de la procession mariale, ils procèdent à l’allumage des bougies qui illumineront l’esplanade pour le plaisir des yeux, le cœur et les yeux grands ouverts, pour Marie. Et l’hospitalité, celle de Cambrai ou de Dijon, de Lugano ou de Liège… dans leurs uniformes blancs ou bleu voire les deux, on peut les pointer du doigt. De jour et toute la nuit, leur service n’attend pas. C’est la mission de cette fin d’été. Nouvelle ou annuelle, hommes et femmes, jeunes et adultes et mêmes les aînés, cette mission, ils ne la manqueront pas.

Le Fraternel

Mgr Delville et des membres du groupe Le Fraternel au Central

Parmi les groupes issus du diocèse de Liège cette année, les pèlerins en comptaient un nouveau: Le Fraternel. Soutenu par Caritas Secours Liège, ce groupe a permis à une dizaine de personnes issues de milieux précarisés de vivre de près le pèlerinage diocésain. Accompagnées aussi du tandem de prédicateurs Xavier Lambrecht et Caroline Werbrouck, Jocelyne, Thomas, Christine, Mamadou, Kylian… ont également rencontré à plusieurs reprises Mgr Jean-Pierre Delville. “Cette rencontre m’a profondément touchée”, confie Jocelyne. “Il a pris le temps de nous écouter et de manger avec nous; pour moi, c’était important”. Le Fraternel a pris à cœur de partager l’expérience du séjour, le cœur sur la main, les yeux grands ouverts sur une autre réalité de notre société. Celle de la pauvreté qui, si elle est matérielle, n’est pas forcément une pauvreté de cœur. Pour les membres de ce groupe, ce premier pèlerinage fut un moment singulier, important.

Parenthèse enchantée, temps suspendu

En haut, à droite, à gauche, là-plus loin… les célébrations souterraines, en plein air, diurnes ou nocturnes se suivent et se croisent, jusqu’à se superposer parfois en une fièvre prière que tous les espoirs sont permis. L’Eglise vibre et vit encore, n’en doutez pas. Le monde est beau, solidaire, bienveillant. Drapeaux, étendards, chants locaux, les pèlerins se font entendre, et reconnaître.

Au pied de la grotte ou du chemin de Croix de la Cité Saint-Pierre, à la rencontre et à l’écoute des résidents du Cenacolo, un centre venant en aide à une jeunesse masculine et addictive, assistant au spectacle musical « Bernadette », le Fraternel a vécu Lourdes de près, en son cœur. Pour eux, comme pour beaucoup d’autres, Lourdes fut une bulle d’oxygène, une bouffée d’humanité, une parenthèse inattendue.

Heureux les pèlerins qui en reviennent! Ils auront le souvenir de Bernadette en tête, son histoire, sa courte vie. De l’eau bénite plein les mains, des images plein les yeux, le souvenir d’amitiés nouvelles, d’une semaine de partage et d’écoute qu’ils n’oublieront jamais.

Régine KERZMANN

En quelques chiffres: 900 participants dont 110 malades, 124 brancardiers, 127 hospitaliers et hospitalières, et des infirmiers et infirmières ainsi que 45 jeunes adultes du groupe Tabga.

Vous pouvez trouver de plus amples informations sur le pèlerinage diocésain 2019 à Lourdes sur la page FB du diocèse de Liège.

Photos: Régine Kerzmann, Vicariat Évangile et Vie – Caritas Secours Liège