Les acolytes germanophones ‘on tour’ à Rome et Assise

Publié le dimanche 31 mars 2019

Incroyable pour des Francophones et pourtant vrai: du 8 au 16 avril, plus de 300 acolytes de la région germanophone vivront un pèlerinage extraordinaire à Rome et Assise. Où ont-ils trouvé autant de candidats pour ce voyage?

Un mégaprojet entre dans sa phase finale après deux ans de préparation. 311 adolescents, garçons et filles âgés de 14 à 18 ans, 59 accompagnateurs adultes et 8 personnes de l’équipe organisatrice partent dans six grands autocars au départ du Triangel à Saint-Vith pour vivre un pèlerinage tant attendu. Au total, 378 participants en route vers le centre de l’Eglise catholique.

Plus que du tourisme

Les acolytes réunis le 16 mars à Saint Vith.

Qu’est-ce qui fait d’un tel voyage un vrai pèlerinage? Willy Margraff, prêtre accompagnant: “En tout premier lieu, les jeunes auront la possibilité de faire une autre expérience d’Eglise. Quand 378 personnes vêtues d’un t-shirt blanc assistent à une audience du Pape et participent au Dimanche des Rameaux sur la place Saint-Pierre, on assiste à un événement peu banal.” Egalement au programme pour se sentir “en Eglise”: des célébrations à l’hôtel adaptées à l’âge des participants, une messe solennelle dans la grande cathédrale d’Assise et des partages en sous-groupes avec un accompagnateur adulte.

La visite d’une ville plusieurs fois millénaire comprend évidemment aussi la découverte de la Rome antique. “Dans un grand jeu appelé ‘Traces’, les jeunes sont invités à rechercher des indices concernant la Rome antique. Comment vivaient ces chrétiens prêts à mourir en martyrs pour leur foi au Colisée? Ils ont été enterrés dans les catacombes. Les églises, chapelles et cathédrales que nous visiterons témoignent de l’apogée du christianisme”, explique l’abbé Margraff.

La même question se pose de nos jours: comment vivent les chrétiens d’aujourd’hui? “Nous y réfléchirons avec nos acolytes, notamment le Dimanche des Rameaux”, précise encore le prêtre germanophone. “Finalement, tous sont invités à laisser leurs propres traces de chrétiens, à la maison et dans leurs paroisses respectives.”

Des paroisses «riches» en acolytes

Atelier préparatif le 16 mars 2019

Les responsables des paroisses francophones de notre diocèse se poseront certainement la question: comment est-il possible de réunir autant d’adolescents pour un tel voyage? Y a-t-il encore assez d’acolytes dans les paroisses germanophones? Luc Assent d’Eupen, membre lui aussi du comité d’organisation, confirme que pratiquement toutes les paroisses disposent encore de groupes souvent nombreux d’enfants de chœur qui d’ailleurs ne se contentent pas d’être présents à la messe dominicale mais se réunissent aussi pour d’autres activités: “Les jeunes restent souvent acolytes jusqu’à 15-16 ans pour avoir la chance de participer à ce pèlerinage. C’est une sorte de sommet de leur ‘carrière’.”

On imagine qu’un tel projet nécessite beaucoup d’investissement en temps, en compétences et en énergie. Willy Margraff s’est donc entouré d’une équipe organisatrice: “planifier et organiser les préparatifs dans les deux doyennés Eifel et Eupen-La Calamine et réunir les ressources financières nécessaires n’est pas une tâche facile”, reconnaît-il. Par le biais de sponsors et de nombreux dons individuels, l’objectif est de maintenir le prix le plus bas possible pour les adolescents. “Mais, conclut Willy Margraff, le plus grand sponsor est Dieu lui-même, à qui nous confierons le pèlerinage le matin du départ.”

Ralph SCHMEDER

Source : article principal de la page 14 de Dimanche-Eglise de Liège N°13.2019 du 31 mars 2019