Le retable de Saint-Denis plus beau encore après le retour de 8 panneux

Publié le vendredi 10 mai 2019

Ce jeudi 9 mai, en fin de matinée, a été célébré le retour après restauration de huit des quatorze panneaux formant les volets du retable de la ravissante collégiale Saint-Denis à Liège. Fruit d’une fructueuse collaboration entre la Fabrique d’église, les Fondation roi Baudouin et Fonds Baillet-Latour, l’Institut Royal du Patrimoine Artistique et l’université de Liège, ces œuvres d’art ne demandent qu’à être vues, expliquées et partagées par tout public.

Le projet d’un retable pour le maître-autel de l’église Saint-Denis date de 1522. On le voulait grand tant par la qualité de sa réalisation que par sa taille et placé dans le chœur. La huche, partie supérieure – appelée aussi caisse, soit la partie centrale du retable – fut sculptée dans les années 1520/1530 par l’atelier bruxellois de Jean Borman le Jeune.

La prédelle – partie inférieure généralement subdivisée en panneaux – est due à un artiste non identifié, sans doute liégeois. Quand le retable était ouvert, les volets peints de la huche faisaient apparaître des scènes qui complétaient celles de la Passion, sculptée sur la partie centrale. Seuls quatre de 8 panneaux peints de la huche sont arrivés jusqu’à nous. A Saint-Denis, on peut admirer L’Annonciation avec au dos – car tous les panneaux ont deux faces peintes – l’Ecce Homo; la Nativité avec au revers Le Christ devant Ponce Pilate; Le baptême du Christ et sur l’autre face L’arrestation du Christ au Jardin des Oliviers. Un quatrième panneau se trouve au château de Jehay et représente l’adoration des Mages et « Noli me tangere ». Sur ce dernier panneau on distingue en arrière-plan, l’église Saint-Martin de Liège en construction.

Les volets de la prédelle,  soit sur chacun deux panneaux peints, formaient avec la partie sculptée une séquence consacrée à la vie et à la mort de saint Denis, patron de la collégiale. Un de ces panneaux se trouve à la Collégiale et représente sur une face  La communion de saint Denis et sur l’autre Le roi Dagobert découvrant le tombeau dudit saint Denis, bien des siècles après sa mort. Les trois autres panneaux de la prédelle se trouvent dans les collections de la ville de Liège pour deux d’entre eux, le troisième étant à Bruxelles aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.

À souligner que la griffe de Lambert Lombard, encore jeune à l’époque, transparaît dans ce retable dont il pourrait avoir peint certains panneaux et supervisé voire coordonné le bel ouvrage.

A voir gratuitement tous les jours de 10 à 17h en la collégiale Saint-Denis (rue de la Cathédrale 64) à Liège.

Thierry DE GYNS