Le projet «Résilien’tiel» à Belleflamme

Publié le jeudi 11 avril 2019

A Belleflamme (Grivegnée), l’ancien presbytère s’est transformé en maison d’accueil. La devise: on a beau avoir le désir et la motivation pour s’en sortir, si on n’a pas de lieu où se poser, on risque fort de retrouver la case prison ou la case rue…

Après la chute, reprendre pied

«Projet Résilien’Tiel»: un nom étrange. Comme projet qui articule résilience et résidence. Une équation qui permet la mise en œuvre d’un réel projet de vie, élaboré par le sortant de prison, la femme abritée en refuge, l’expulsé(e) d’un logement, lieu où pourront se réaliser leurs espoirs, leurs désirs d’en finir avec la vie d’avant.

Vous n’avez pas une maison ou même une chambre pour nous? Que de fois, tant à la permanence de Caritas Secours délégation de Liège qu’au Vicariat Evangile & Vie, n’avons-nous pas entendu cette demande! Que de fois aussi, n’avons-nous pas dû répondre: non, nous n’avons rien! Fruit d’une réflexion et d’un souhait communs, le Projet Résilien’Tiel a vu le jour en 2015. Ainsi, un appartement dans l’ancien presbytère de la paroisse Saint-Vincent de Liège a accueilli les premières personnes de cette initiative.

Tant de demandes et si peu de places

Nous sommes conscients d’être des colibris de l’accueil. La demande est énorme et notre offre limitée. Soutenu par la Fabrique d’église de Saint-Vincent, des hommes, des femmes, parfois avec un bébé, des personnes perdues, des personnes «sans» (abri, papier…) sont passés «par Fétinne». Tous avaient en commun ce désir d’en sortir. Il leur manquait un petit coup de pouce. Une adresse, un accompagnement pour la remise en ordre administrative et surtout du temps! Du temps et de la patience pour se faire ou retrouver une petite place dans notre société. Avec eux, nous avons cheminé, un mois, six mois voire deux ans…

“Monsieur, j’aimerais vous rencontrer. La paroisse de Belleflamme souhaite affecter une maison qu’elle rénove à du logement social.” C’est ainsi que nous nous sommes rencontrés avec Monsieur Leclercq. Avec lui, «les affaires» ont été rondement menées et rapidement, nous avons pu accueillir cinq personnes à Belleflamme: une dame d’origine kosovare, une dame d’origine ingouche avec son fils handicapé et, tout dernièrement, pour un dépannage courte durée, une dame avec sa fille.

Une proposition de la paroisse de Belleflamme tout simplement providentielle! Les trois femmes accueillies étaient au bout d’un processus d’accueil. Deux refus de «logements» sociaux pour la première. La fin d’un accueil dans un refuge pour la deuxième et la perte de son logement pour la troisième. Saint-Joseph à Belleflamme: un véritable don du Ciel!

Une équipe à la manœuvre

Chaque matin, notre équipe doit reprendre son rôle d’accompagnateur et épauler les hôtes dans leur recherche de statut de réfugié à titre humanitaire et leurs recherches d’un logement décent, les stimuler dans leurs démarches pour un emploi, une formation… Régulièrement, nous partageons un repas où nous tissons du lien, entre nous et avec d’autres. Parfois aussi, nos hôtes nous reçoivent et nous font découvrir les richesses culinaires de leur pays d’origine ou des recettes d’ici que nous ne connaissons pas. La main qui reçoit devient la main qui donne. Toute la réalité d’un projet où résilience rime avec résidence.

Pour les accompagnateurs du Projet Résilien’Tiel,
Dominique SERVAIS

Pour soutenir le Projet Résilien’Tiel: Caritas Secours BE04 2400 8007 6231 – Projet Résilien’Tiel.

Source : article principal du Dimanche-Eglise de Liège N°15 du 14 avril 2019.