Hommage aux Justes parmi les nations à Verlaine

Publié le lundi 26 septembre 2022

Le 11 septembre dernier, la commune de Verlaine a rendu hommage aux Justes parmi les nations qui ont sauvés des enfants juifs pendant la deuxième Guerre mondiale. Cette cérémonie s’est tenue au village de Seraing-le-Château par le Comité culturel et sportif, sous l’impulsion de Mme Edith Tihon et en présence du Grand Rabbin de Belgique, M. Albert Guigui, du président honoraire du Sénat, le baron Jacques Brotchi, du Baron Julien Klener, président émérite du Consistoire israélite de Belgique, de Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, de M. Hubert Jonet, bourgmestre de Verlaine et des échevins de la commune.

Le grand rabbin a montré que de nombreuses personnes ont sauvé les juifs de la persécution pendant l’histoire, à commencer par la princesse d’Égypte, fille du pharaon, qui a sauvé des eaux Moïse, peu après sa naissance. De telles personnes sont dénommées justes parmi les nations ; quand leur acte d’héroïsme a été reconnu, elles sont représentées par la plantation d’un arbre sur la colline de Yad Vashem, près de Jérusalem. Les recherches de Mme Tihon ont montré qu’il s’agissait, pour Verlaine, de l’abbé Auguste Doyen (professeur à l’Institut S.-Roch de Ferrière) et de ses trois sœurs, institutrices à l’école communale du village ; des époux Paul et Héléna Pirotte-Nicolay ; et de la comtesse Clémentine de Liedekerke d’Outremont. Ils ont sauvé en particulier M. Max Yland, qui est décédé récemment au Canada. Celui-ci a été représenté par sa fille Anna, qui est venue exprès du Canada et a donné un témoignage émouvant de son papa.

Mgr Jean-Pierre Delville a rappelé l’engagement du diocèse de Liège pour sauver les enfants et les familles juives pendant la guerre, en la personne de l’évêque Louis-Joseph Kerhofs, et de l’avocat Albert Vandenberghe, qui sont reconnus aussi Justes parmi les nations. Suite à la Shôa, l’Église catholique a précisé sa théologie : elle considère que les juifs sont sauvés par l’alliance de Dieu avec Moïse, comme le dit saint Paul dans sa lettre aux Romains (Rm 11, 16-24), en comparant les juifs à un olivier et les chrétiens à une greffe d’un rameau sauvage sur le tronc de l’olivier franc. C’est pourquoi les chrétiens ne doivent plus s’intituler le « nouvel Israël », comme si l’ancien Israël était dépassé et avait été exclu du salut. C’est ce que montre le document du Saint-Siège We remember (1998), et la Déclaration de Drancy, des évêques de France (1997). Il faut ainsi éviter l’antijudaïsme latent qui se manifestait dans les expressions de « peuple déicide » ou de « juif perfide », utilisées dans la théologie ou dans la liturgie.

Un témoignage a été donné par le comte de Liedekerke, montrant la discrétion des sauveteurs et leur humilité. Le bourgmestre a rendu hommage aux personnes qui ont travaillé pour sauver les juifs et a dévoilé avec les autorités présentes une plaque commémorative, qui sera fixée au mur au centre du village avec la mention « Espace Justes parmi les nations ».

Pareille commémoration a permis de créer un dialogue entre judaïsme et christianisme au niveau local. Ce dialogue a été activé le vendredi par le témoignage émouvant d’un rescapé de la Shôa devant les enfants de l’école et, le samedi, par la conférence du professeur Philippe Raxhon sur la situation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. La plaque permettra que ce dialogue s’imprime dans les mémoires et dans les cœurs.

Photos: Evêché de Liège