Entre héritage et transmission – Les Sœurs de l’Alliance s’en vont…

Publié le mercredi 04 novembre 2020

En 1953, arrivait à Banneux une congrégation originaire de Lorraine, les Sœurs de la Sainte Enfance de Marie. Elle quitte aujourd’hui le sanctuaire marial après 67 ans de présence aux côtés des plus pauvres.

La congrégation des Sœurs de la Sainte Enfance de Marie a été fondée le 1er novembre 1823, près de Nancy, par l’abbé Claude Daunot. Il sentait un appel à secourir les malades, les personnes âgées, les jeunes et les enfants sans éducation. En 1905, en France, les religieux-ses ne peuvent plus enseigner dans les écoles. Or, la Belgique est à la recherche d’enseignant-e-s. Treize communautés vont voir le jour en Wallonie pour travailler dans le milieu scolaire.

En 1953, une communauté arrive à Banneux, à l’Abri du Curé d’Ars, au service du sanctuaire et des prêtres. La Congrégation fera rapidement construire une maison de convalescence et d’accueil, Notre Dame de la Fagne, située à 150 mètres du sanctuaire.

Une vocation missionnaire
Les vocations religieuses diminuant, les Sœurs de la Sainte Enfance de Marie vont se regrouper avec six autres congrégations apostoliques pour former un seul institut. La nouvelle congrégation voit le jour le 1er novembre 2002 et prend le nom de “Sœurs de l’Alliance” pour souligner le projet d’Alliance de Dieu avec tous les hommes.

Les sœurs ont la vocation d’être des missionnaires, au cœur de la société, dans les périphéries humaines, comme le dirait le pape François. A la Maison Notre Dame de la Fagne, les sœurs de l’Alliance ont accueilli, pendant près de 50 ans, des personnes voulant se refaire une santé physique, morale et spirituelle. En 2005, elles ont passé la main aux sœurs Apostoliques de Saint-Jean, avant que la maison ne devienne, en 2015, un centre d’accueil pour des réfugiés, géré par la Croix-Rouge. Les religieuses ont proposé leurs services pour l’accompagnement des réfugiés. Elles ont aussi continué à rendre de multiples services au sanctuaire, au home de la Vierge des Pauvres et auprès des malades dans l’Unité pastorale d’Aywaille-Sprimont.

A cause de l’épidémie de COVID19, l’eucharistie d’action de grâce n’a pas pu avoir lieu. Mais, si les sœurs de l’Alliance ont désormais quitté la Belgique, la graine de l’Evangile qu’elles ont semée a porté des fruits, dans cette terre fertile où Marie, Vierge des pauvres, a visité les femmes et les hommes de notre temps. Ces fruits ont aujourd’hui le visage de familles et d’enfants de réfugiés, mais aussi celui de tous leurs ami-e-s et de toutes les personnes qui ont retrouvé la vie auprès d’elles.

François DELOOZ
Adjoint du Vicariat de la vie consacrée,
des mouvements ecclésiaux et des sanctuaires.