Enseignements : le diocèse perd des inspecteurs

Publié le lundi 08 avril 2019

Ces dernières années, le cours de religion a connu des évolutions très discutées dans la société. Un de ces changements récents concerne l’inspection par les diocèses. A Liège, on perd cinq emplois d’inspecteurs.

A première vue, cela semble évident: la diminution du nombre d’heures de religion dans l’enseignement officiel entraîne aussi une diminution du nombre d’inspecteurs. En réalité, les choses sont bien plus complexes, comme nous l’explique Marc Deltour, délégué épiscopal du Vicariat de l’Eduction chrétienne et de l’Enseignement: “Le cours de religion est le seul qui échappait jusqu’à présent à l’inspection ‘inter-réseaux’ et ‘transversale’, et les professeurs concernés avaient des statuts différents selon le réseau pour lequel ils travaillaient. Pour que le cours de religion, qui est dans la tourmente depuis des années, soit reconnu plus officiellement comme cours à part entière, le souhait était exprimé d’une harmonisation des statuts”.

Autrement dit, en vue d’une meilleure prise au sérieux de ce cours pas tout à fait comme les autres, il a fallu accepter une réforme de l’inspection des cours de religion, élaborée dès 2015 avec l’aide du cabinet de l’enseignement du cdH. “Cette réforme ne pouvait se faire qu’à une condition, précise Marc Deltour: la fin de la ‘double autorité’ (le diocèse et l’administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles) pour les inspecteurs de religion; et l’acceptation par le diocèse d’un abandon de cette autorité actuelle.”

Deux nouveaux décrets

Cette réforme vient d’être concrétisée dans deux décrets. Le premier, qui concerne l’inspection, a été adopté le 9 janvier dernier et entrera en vigueur après les grandes vacances. Il entraîne la perte de cinq places d’inspecteurs pour le diocèse. Le décret confère aux inspecteurs de religion un statut semblable à celui des autres inspecteurs, tout en reconnaissant la dimension spécifique liée aux autorités cultuelles. Désormais, la fonction “inspecteur de religion» est clairement distincte de la fonction «conseiller pédagogique”. Le professeur de religion ne dépendra plus de l’autorité diocésaine mais doit toutefois recevoir un visa du délégué épiscopal. “Je rencontre toujours les nouveaux professeurs pour voir s’ils conviennent pour enseigner la religion”, précise Marc Deltour.

Le second décret, qui devrait être voté sous peu, concerne l’accompagnement pédagogique des enseignants. “Ce décret, explique encore Marc Deltour, prévoit explicitement quatre postes de conseillers au soutien et à l’accompagnement des cours de religion catholique, ce qui est très peu. Leur nombre peut être revu après six ans…

Le prix à payer…

Le délégué épiscopal reconnaît que “le choc est important auprès des inspectrices diocésaines liégeoises. Elles voient s’effondrer le métier dans lequel elles se sont investies. Elles sont contraintes d’abandonner tout un réseau de relations humaines patiemment tissé, à travers les multiples services rendus aux enseignants et directions des écoles. Mais pour nous, il a été important de donner au cours de religion un véritable statut et une reconnaissance publique, en ces temps où certains avaient envisagé de le faire disparaître de la grille de la formation obligatoire de tout élève.”

Ralph SCHMEDER

Source : article principal de la page 14 de Dimanche-Eglise de Liège N°14.2019 du 7 avril 2019.