Église syriaque orthodoxe de Liège : Ordination de diaconesses, sous-diacres et lecteurs

Publié le jeudi 31 janvier 2019

Un événement œcuménique peu banal s’est déroulé récemment en région liégeoise : la grande prière de la Semaine pour l’Unité des chrétiens a été animée par les 22 nouvelles diaconesses et par d’autres fidèles de l’Église syriaque orthodoxe ! Cela se passait à Liège le 25 janvier 2019, à l’église Saint-Lambert à Herstal.

Ainsi de nombreux fidèles catholiques, protestants, orthodoxes, et anglicans ont pu apprécier la beauté des prières et des chants de l’Église syriaque, qui est d’ailleurs une des plus proches de l’Église catholique, grâce aux nombreux accords théologiques qui ont été signés avec elle depuis le Concile Vatican II. Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, a voulu féliciter les nouvelles diaconesses, qui ont demandé de se faire photographier avec lui.

C’est ainsi qu’a été diffusé à l’opinion publique l’événement peu banal qui s’est produit le 3 décembre 2018. C’est alors que 22 femmes ont été ordonnées diaconesses. Au moment où l’Église catholique s’interroge sur le rétablissement du diaconat féminin, l’Église syriaque lui ouvre la voie en rétablissant ce ministère ancien qui était tombé en désuétude. Mgr Georges Gawriye, évêque de l’Église syriaque orthodoxe, a ordonné 11 lecteurs, 2 sous-diacres et 22 diaconesses à Herstal, en l’église de l’Immaculée Conception de la Préalle, où célèbre la communauté syriaque Saint-Simon des Oliviers, sous la direction du prêtre Fikri Gabriel.

À la suite de persécutions subies dans les années 80 en Turquie, dans les années 90 lors de la guerre du Golfe, dans les années 2010 lors des massacres commis par Daech, les Syriaques ont donné naissance à de nouvelles communautés installées en Europe. Depuis une quarantaine d’années dans la province de Liège, une communauté syriaque dite orthodoxe essaie de prendre naissance pour faire vivre sa tradition deux fois millénaire. Le patriarche Ignace Efrem II a désigné en février 2017, un nouvel évêque comme vicaire patriarcal pour la Belgique, la France et le Luxembourg, en la personne de Mgr Georges Gawriye. Il a procédé à de nouvelles ordinations pour différents ministères un peu partout dans son diocèse.

Dans l’histoire des Syriaques liégeois, l’ordination de diaconesses est une première. Après quarante ans de présence sur le territoire de cette province, 22 jeunes femmes se sont présentées pour servir leur Eglise. La cérémonie a eu lieu lors du cinquième dimanche de l’Avent, qui correspond à la Visitation de Marie à Elisabeth. Mgr Georges, après avoir présidé la messe dominicale, a demandé au prêtre Fikri Gabriel de présenter les candidats qui sont volontaires pour servir leur Eglise. Tout d’abord, l’évêque a ordonné onze chantres pour devenir des lecteurs. Ensuite, deux lecteurs ont été ordonnés sous-diacres pour la direction des chants liturgiques et la traduction des lectures. Enfin, la cérémonie de l’ordination s’est achevée par la consécration des diaconesses. Il s’agit de mères et de jeunes célibataires qui ont décidé librement de servir la sainte messe en collaboration avec les lecteurs, les sous-diacres et les diacres. Ici, elles président la chorale, les lectures pauliniennes et les chants dominicaux. En cas de nécessité, elles peuvent avoir le rôle de bnoth kyomo (filles de l’alliance) pour visiter les malades, apporter la communion et annoncer l’Evangile.

La cérémonie d’ordination des diaconesses (mshamshonitho) commence par la lecture de la lettre aux Romains (16, 1-2 et 25-28) et l’Evangile de Marc (3, 31-35). Puis, l’évêque impose la main sur la tête des candidates. Il consacre chacune en disant : (Une telle) est consacrée et confirmée diaconesse pour la sainte église de Saint-Simon-des-Oliviers située à Liège. Le rite d’ordination continue par la coupe de cheveux par quatre fois en forme de croix comme signe de consécration. On passe ensuite au service de l’habillement : l’évêque confère l’étole diaconale à chaque candidate. Après la bénédiction de l’habit liturgique par l’évêque, l’archi-diaconesse habille la future consacrée et elle reçoit une étole qu’elle porte sur une cape réservée pour le rite dominical. Enfin, l’évêque la fait communier et les fidèles la félicitent par le don du signe de paix.

Pour plus de renseignements sur la place des diaconesses dans l’Eglise syriaque, voir le livre de Ameer Jaje, Diaconesses. Les femmes dans l’Eglise syriaque, Toulouse, 2016.