Dieu a le temps, nous, les montres…

Publié le dimanche 13 octobre 2019

“Mais pourquoi, diable, faut-il tant de temps pour préparer un adulte au baptême?!” Une question si souvent entendue par les responsables du Service du catéchuménat et les animateurs de terrain. C’est cette question qui a inspiré une soirée de réflexion et d’échange le 26 septembre dernier.

Photo: Olivier Windels

Cette année, la rentrée du catéchuménat était placée sous le thème “Le catéchuménat, un chemin qui prend son temps”. Notre invitée, Hélène Bossaert, responsable de l’Initiation chrétienne dans le diocèse de Lille, nous a rappelé que le Seigneur prend son temps et nous invite avec confiance à choisir et désirer ce qui est bon pour celui que nous accompagnons sans entrer en lutte avec un programme de choses à apprendre.

Le Seigneur ne perd pas son temps. Il est toujours à l’œuvre. Il nous précède sur le chemin. Notre mission est d’aider le catéchumène à structurer sa foi afin de devenir disciple du Christ. Adopter son rythme pour l’aider à formuler ses questions, ses ressentis, ses découvertes, ses joies…

Le Seigneur partage son temps, donne du temps: les quatre temps et les trois portes liturgiques jalonnent le chemin qui se propose au catéchumène. A nous, accompagnateurs, de nous laisser emporter par le rythme de Dieu et du candidat et entrer dans la valse à trois temps!

Lente croissance d’un converti

Gilles Drouin, prêtre québécois, relate le témoignage* d’un jeune baptisé dont la lente croissance spirituelle a permis à la lumière et à la joie de Dieu d’entrer en lui, grâce à la rencontre de nombreuses personnes, en Eglise. Le chemin a comporté, certes, des exigences et des difficultés mais Dieu lui a travaillé et converti le cœur. Il sait gré à l’Eglise de lui avoir permis la patience! Lui qui voulait, au départ, être baptisé au plus vite, il admet aujourd’hui les immenses bénéfices spirituels retirés du lent chemin parcouru.

Tout cela traduit la nécessité d’une entrée progressive dans la foi chrétienne et dans la vie chrétienne. Un itinéraire fait de périodes et d’étapes, de recherche et de maturation, de temps prolongé d’apprentissage, de sorte que survienne vraiment un changement des manières de penser et d’agir.

On comprend, dès lors, que le catéchuménat n’est pas la seule préparation immédiate à la réception du sacrement: il prévoit la mise en place d’espaces d’apprivoisement ou de vestibules faits d’accueil, de première évangélisation et de discernement avant d’orienter vers la catéchèse proprement dite. Il en va, en fait, d’un processus de découverte du Christ, du mûrissement de son adhésion à sa parole et à sa personne, d’une introduction graduelle aussi à la communauté ecclésiale.

Pour ceux qui accompagnent les catéchumènes, il s’agira donc d’apprendre à gérer les impatiences souvent rencontrées chez les candidat(e)s, et peut-être même à se convaincre eux-mêmes que si Dieu prend son temps pour nous, nous devons lui laisser du temps en nous!

Pour le Vicariat “Annoncer l’Évangile”,
Martine LEWIS.

* Gille Drouin, diocèse de Québec – https://officedecatechese.qc.ca/formation/catechumenat/chronique/2016/201611_Drouin.html