Des mots qui changent, un cœur qui reste

Publié le samedi 27 novembre 2021

On pourra être surpris ce dimanche 28 novembre en entrant en célébration eucharistique: quelques mots par-ci par-là, quelques formules accrocheront peut-être vos oreilles habituées depuis si longtemps à une douce musique fixée en nos têtes depuis 1970, au sortir du Missel romain en français issu de la réforme liturgique du Concile Vatican II.

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En effet, une nouvelle traduction du Missel romain entre officiellement en vigueur à partir de ce premier dimanche de l’Avent, mais avec un temps de transition, histoire de vivre sereinement le changement.

Il serait inutile et fastidieux de faire ici la liste des variations, toutes petites ou plus significatives, qui parsèment la célébration. Ceux qui le désirent trouveront facilement l’une ou l’autre publication qui permettra d’approfondir la chose. Pointons par exemple le petit livre « Découvrir la nouvelle traduction du Missel romain, Association épiscopale liturgique pour les pays francophones, AELF – Magnificat – Mame, Paris, 2020 ». Pour que chacun, chacune puisse se faire progressivement à ces changements, la Commission Interdiocésaine de Pastorale Liturgique a imprimé pour vous des milliers de dépliants comme celui reproduit ici: il reprend le texte des dialogues prêtre – assemblée et les pièces qui ont été modifiés; il sera à votre disposition à profusion dans toutes nos églises. Le « Service diocésain Liturgie et Sacrements » fait de son mieux pour qu’il soit disponible dans les Unités pastorales dès que possible…

Parmi les changements, on sera sans doute heureux de l’utilisation, déjà en usage dans certains lieux et milieux, d’un langage plus inclusif préférant, dans le Confiteor (et ailleurs), un « vous, frères et sœurs » au seul « mes frères ». Dans la profession de foi (le Credo), on a remplacé l’ancien « de même nature que le Père » par un « consubstantiel au Père » un mot plus sophistiqué sans doute  mais théologiquement plus juste au dire des spécialistes. Heureux aussi le léger déploiement de la formule d’envoi mettant en relief la dimension missionnaire de l’eucharistie: « Allez porter l’Évangile du Seigneur. »

Beaucoup d’autres modifications sont anodines et ne visent, en fait, qu’un meilleur ajustement de la version française au texte latin original, comme le « … qui enlèves le péché du monde » qui parle désormais « des péchés du monde ». On notera enfin que, dans l’un ou l’autre cas, le Missel prévoit que l’ancienne formule puisse encore être utilisée, comme par exemple la formule au moment des offrandes qui nous permet de conserver la formule qui nous est familière, simple et sobre: « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église. Pour la gloire de Dieu et le salut du monde. »

Vivre pleinement la messe

Mais par-delà les mots qui changent peut-être et qu’il faudra quelque temps pour apprivoiser, l’essentiel n’est-il pas de vivre pleinement l’eucharistie, mystère d’amour où Dieu se donne? L’occasion de cette parution n’est-elle pas le moment favorable pour tous et toutes, et pour chacune de nos communautés d’en redécouvrir la richesse? Peut-être est-il opportun, en paroisse ou ailleurs, d’avoir l’une ou l’autre initiative pour un nouvel approfondissement eucharistique?
Les livres, les sites, les outils, les orateurs… ne manquent certes pas qui vous permettront d’ouvrir à nouveau le trésor de la foi eucharistique. C’est en tout cas le souhait des évêques de Belgique et celui de l’évêque de Liège en particulier.

Bonne entrée dans l’Avent et bonne année eucharistique !

Olivier WINDELS, vicaire épiscopal

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Nouvelle traduction du missel: des changements concrets – C. Herinckx, Cathobel