Curie diocésaine: Mieux accompagner les acteurs pastoraux

Publié le mardi 09 juin 2020

Parmi les grandes nouveautés au sujet de la restructuration de la curie diocésaine, la plus surprenante est certainement la création d’un nouveau vicariat, appelé « Accompagnement des acteurs pastoraux ». Nous avons rencontré sa responsable désignée, Dominique Olivier.

Pourquoi fallait-il un nouveau vicariat?

Depuis quelques années déjà s’est développé dans le diocèse de Liège le besoin d’une plus grande attention aux personnes. On a lancé des initiatives avec des outils provenant des sciences humaines, et on les a adaptés à la situation de l’Eglise. Cette sollicitude, qui est une vraie valeur évangélique, l’évêque doit aussi l’avoir pour les personnes qui sont engagées dans la pastorale, au service du Christ et de sa Bonne Nouvelle.

Est-ce à dire que jusque-là, on n’était pas assez attentif à l’écoute et à l’accompagnement?

Non, il y avait déjà des efforts. Mais ce qui est neuf, c’est de pouvoir rassembler ces différentes initiatives dans un seul vicariat, une seule structure. Je ne vais pas réinventer tout, mais j’essaierai de mieux articuler les différents types d’aide qui étaient déjà en place. Je pense que cette articulation est un grand challenge.

Comment, concrètement, allez-vous écouter et accompagner les ministres du culte?

La grande nouveauté de l’approche de cette nouvelle curie diocésaine, c’est d’essayer d’avoir pour tous les acteurs pastoraux une approche similaire. Au niveau des missions, on distingue trois choses: l’accueil, la mise en responsabilité et l’accompagnement. Au moment où un curé est nommé, c’est la mise en responsabilité, qui dépend du vicaire général. Ensuite, s’il faut un accompagnement spécifique parce que, par exemple, la personne est nommée dans un lieu ou dans une situation très conflictuelle, je pourrais alors intervenir pour l’accompagner. Le vicariat va donc être un service où les ministres du culte, mais aussi les autres permanents, les équipes et les laïcs bénévoles peuvent discuter de leur bien-être.

Insistons un peu sur la présence féminine au conseil épiscopal. Dès 2013, au début de son épiscopat, Mgr Delville y a nommé des femmes à des postes de responsabilité. En ce qui vous concerne, vous serez aussi animatrice des réunions du conseil épiscopal. Comment voyez-vous cette représentativité des femmes au conseil?

Il est indispensable pour moi qu’il y ait un équilibre entre les deux pôles, masculin et féminin, parce que je suis persuadé qu’on est complémentaire. Ces deux aspects, nous les portons d’ailleurs tous en nous. Vous avez parfois des femmes qui se comportent comme des hommes, qui peuvent être très fonceuses et autoritaires. A l’âge des cavernes, l’homme était déjà un sprinter. Devant un danger, il va foncer avec énergie et puissance. La femme est une coureuse de fond, elle va plutôt tenir dans la durée. Je pense que ce sont des données biologiques. Personnellement, pour mes nouvelles missions, je n’ai pas trop de craintes puisque je suis assez habituée au monde ecclésial depuis le temps que j’y travaille.

Est-ce que l’Eglise doit encore davantage se féminiser?

Je ne suis pas féministe pour réclamer l’ordination des femmes, mais je pense qu’il est primordial de donner une juste place à la femme. Là, il y a encore du chemin à faire, même au niveau du rôle des femmes dans les célébrations à l’église.

Propos recueillis par Ralph SCHMEDER

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