Cours de religion à option : le cdH dénonce une approche dogmatique

Publié le mercredi 24 novembre 2021

Le 22 novembre laissera des traces d’une autre époque, avec un (triste) air déjà vu de guerre scolaire. Lors d’une déclaration conjointe, des parlementaires issus du Parti Socialiste, d’Ecolo et du Mouvement Réformateur, trois partis de la majorité de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ont présenté les conclusions du groupe de travail en charge d’un examen du cours d’Education à la Philosophie et à la Citoyenneté. Réactions.

Le porte-parole francophone de la conférence des évêques, Tommy Scholtes, a immédiatement réagi aux éléments d’informations qui ont circulé en cours d’après-midi.

« Cela me paraît une grave erreur de sortir les cours de religion ou de morale de la grille scolaire habituelle des élèves. Si la constitution en son article 24 demande qu’on organise un cours, ce n’est pas pour le sortir de la grille. C’est dans l’intention du constituant de le faire dans le cadre scolaire, et non pas le mercredi après-midi ni le vendredi après 16h ou encore le samedi matin. C’est oublier que le religion et la morale font partie de manière constitutive de la vie sociale et culturelle des jeunes citoyens que sont les élèves. Transférer de manière facultative le cours en le rendant à option, c’est laisser place à toutes sortes d’initiatives qui seront organisées en dehors des écoles et donc du contrôle d’une inspection scolaire. Ce type d’orientation ne respecte pas le citoyen, citoyen qui est aussi un être qui a une culture spirituelle. L’enseignement public se doit de contribuer à cette dimension de sa formation. »

De son côté, Alda Greoli, cheffe de groupe cdH à la Fédération Wallonie-Bruxelles et députée wallonne, tient les propos suivants : « Nous ne sommes pas opposés à l’idée de voir le cours d’Education à la Philosophie et à la Citoyenneté (EPC) évoluer vers un référentiel de 2 heures, mais l’enseignement libre doit avoir la liberté de l’organiser comme il l’entend. Nous regrettons vraiment que la majorité n’ait pas été ouverte à affirmer l’importance d’un dialogue inter-convictionnel dans l’évolution de l’EPC et que la majorité n’ait pas été ouverte à affirmer la nécessité du questionnement philosophique. Ces deux aspects n’ont pas trouvé à s’exprimer dans la conclusion de la majorité. »

Un risque de marginalisation

Au nom de son parti, Alda Greoli pointe également un autre péril. « Par ailleurs, il nous paraît essentiel que le fait religieux ne soit pas réduit à la sphère privée. » Citant un extrait du rapport de Régis Debray, la députée wallonne énonce : « La disparition chez de nombreux élèves de toute référence à une culture religieuse leur rend inaccessible et inintelligible une part essentielle de leur propre héritage, mais aussi du monde contemporain. » Pour elle, il est donc « essentiel qu’il y ait encore la présence de ce fait dans le cours. Cela rend très optionnel l’importance des professeurs en charge et cela rend très optionnel le fait que les élèves soient inscrits. Cela renvoie de fait l’éducation religieuse à la seule sphère privée. »

Au-delà de ces considérations, la cheffe de groupe cdH estime que « nous assistons à un combat dogmatique du PS dans lequel MR et Ecolo se sont faits avoir. » 

Propos recueillis par Angélique TASIAUX – Cathobel

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