Ces laïcs qui conduisent des funérailles…

Publié le jeudi 29 octobre 2020

Il y a quelques jours, dix-huit personnes laïcs, hommes et femmes, ont achevé leur cycle de formation en vue de pouvoir conduire des funérailles. Ils seront fin prêts, après encore un temps de stage, à débuter dans ce magnifique ministère, réel service d’Eglise proche des petits et des souffrants.

Se former pour accompagner

Cimetière de Richelle – © O. Windels

En huit rencontres, nous avons parlé de la souffrance et du deuil, de l’écoute, du mystère pascal… Nous avons parcouru la célébration pour en découvrir chaque moment et apprendre à bien la mettre en œuvre. Nous avons partagé nos expériences et vécu aussi l’un ou l’autre exercice pratique.

Dans notre diocèse, près de 120 personnes exercent ce service régulièrement dans une grosse trentaine d’Unités pastorales. Le plus souvent, c’est en duo qu’on vit cet accompagnement du deuil et cette conduite de funérailles, parfois en tandem prêtre (ou diacre) – laïc, ou même en binôme constitué de deux laïcs.

Maurice témoigne: « A mes débuts, je craignais beaucoup ne pas être à la hauteur de la mission, mais une expérience de cinq ans m’aide énormément. Nous formons une équipe de neuf personnes, toutes très motivées, soudées, travaillant de tout notre cœur avec le même enthousiasme, le même dévouement, le même but: aider une famille en souffrance. De temps en temps, nous nous retrouvons avec joie et nous partageons nos expériences en toute discrétion et modestie. »

Echos favorables

© Paroisse St-Gilles

La pratique date maintenant de quelques années et elle a acquis ses titres de noblesse puisque les échos recueillis sont unanimement favorables. Témoin, ce message reçu d’une famille que deux laïques avaient accompagnée: « Nous tenions encore une fois à vous remercier pour la célébration de la cérémonie de funérailles de notre grand-mère. De l’avis unanime, vous avez fait de ce moment un temps de recueillement, d’intimité et de communion. Il a été qualifié de maternel et grand-mère l’a certainement apprécié d’où elle nous regardait. »

Aux abords de la Toussaint et en un temps où le Covid reprend de plus belle, la pastorale du deuil est d’une réelle importance. L’Eglise y exerce son ministère de compassion auprès de « ceux qui peinent et ploient sous le poids du fardeau » et annonce l’Evangile d’espérance et de vie… Toute la communauté a sa part dans cette mission, quelques-uns s’y engagent plus particulièrement.

Olivier WINDELS, vicaire épiscopal « Annoncer l’Evangile »

Témoignage – Accompagner le deuil, quel beau ministère!

Voilà cinq ans que ma collègue et moi conduisons les funérailles régulièrement dans notre Unité pastorale. Cela m’a permis de belles rencontres. Les familles dans le deuil se confient souvent à nous: leurs joies, leurs peines, leurs difficiles relations avec le défunt ou un autre membre de la famille. Nous sommes là pour écouter, pour accompagner et sûrement pas pour juger.

Les visites autour du deuil sont aussi un moment de réflexion sur la foi, l’éventuelle absence de foi, le sens de la vie, le sens de la mort. Nous ne devons jamais imposer nos idées, mais il y a la place pour parler de notre foi en la résurrection, notre confiance en l’amour de Dieu qui va jusqu’au pardon.

L’entourage du défunt est souvent fort éloigné de l’Eglise: nous travaillons à la périphérie chère au pape François. La demande de textes profanes, de musiques ne sont pas toujours en accord avec la liturgie que nous voulons faire. Accepter l’une ou l’autre proposition, en respectant le bon déroulement de la célébration, permet à la famille de se sentir reconnue et écoutée.

Les qualités à développer pour un tel engagement sont l’écoute et l’adaptation aux différents milieux de vie. Il faut accepter que chacun ait une idée personnelle sur sa foi en Dieu, sur la mort. Il faut aussi oser affirmer sa foi personnelle sans jamais essayer de l’imposer.

Nous sommes là pour montrer une Eglise accueillante et pleine de compassion dans les moments de vie les plus difficiles et nous ne sommes pas là pour convertir nos interlocuteurs. C’est l’impression de chaleur et d’empathie qui laissera (ou pas…) une trace dans le cœur de chacun.

Brigitte C.