Au Congo, la mission concerne le corps et l’âme

Publié le lundi 23 septembre 2019

Le pape François souhaite que, cette année, le mois d’octobre soit un mois « extraordinaire » de la mission. En « prélude » à cette invitation à l’évangélisation des peuples, nous avons rencontré l’abbé Marc Truyens. Âgé de 48 ans, il est le plus jeune missionnaire du diocèse de Liège.

Marc Truyens, ingénieur et prêtre missionnaire

Marc Truyens se considère comme un vrai missionnaire: “Le missionnaire d’aujourd’hui vit une double mission, confie-t-il; il doit d’abord s’adapter à la culture des personnes qu’il rencontre, mais il agit aussi au nom du Christ pour partager aux autres le trésor qu’il a reçu.”

Ordonné prêtre en 2002, il a travaillé plusieurs années à Verviers et Alleur. “Déjà pendant ma formation, j’ai senti que le Seigneur m’envoyait vers les personnes les plus fragilisées. La vie en paroisse m’a confirmé dans cette conviction que je devais me mettre au service des plus pauvres.” L’idée lui est venue alors de partir dans un pays en voie de développement. Après une rencontre avec Mgr Eugène Rixen au Brésil, qui, lui aussi, avait été vicaire avant de décider de partir loin, il a décidé de devenir missionnaire. “A l’époque, j’ai rejoint le mouvement spirituel du Prado pour être au service des pauvres. Le Prado m’a orienté vers le Congo. C’est ainsi que s’est réalisé mon rêve de prêtre.”

Le changement de climat, de langue, de culture a-t-il été difficile? “Le climat ne m’a pas posé problème, ni la nourriture. Mais j’ai été frappé de voir comment l’Eglise congolaise est structurée. C’est une Eglise avec de nombreuses forces vives, mais très hiérarchisée. C’est une Eglise ‘famille de Dieu’, mais chacun reste à sa place. On doit respecter les autorités.”

Pendant quelques années, à Kinshasa, Marc Truyens s’est occupé de personnes qui vivent dans une grande précarité, ont perdu le contact avec leurs familles et tombent parfois dans la folie. “J’allais récupérer ces personnes, pour les remettre en contact avec leur famille, avec l’aide d’une communauté nouvelle qui est née là-bas et dont le nom se traduit par ‘Le peuple de la fraternité’.”

Curé de campagne

Actuellement, l’abbé Truyens s’occupe de paroisses rurales. Ici, le fossé entre riches et pauvres et moins grand que dans la capitale, la précarité concerne presque tout le monde. “Maintenant, je fais le travail qu’on imagine quand on pense à un missionnaire moderne: annoncer la Bonne nouvelle, célébrer, former des catéchistes, mais aussi faire du développement, créer une coopérative agricole, réhabiliter un hôpital…, car il s’agit de sauver toute la personne, pas seulement l’âme.” Un site internet créé par Marc Truyens (mangembo.info) informe sur les progrès de son association.

Le jeune prêtre souriant revient presque chaque année « en vacances » pour voir sa famille et ses amis belges, mais il n’a aucune intention de conclure l’aventure en RDC: “Je suis très attaché à ce peuple. Les Congolais sont souriants, accueillants et soucieux de bonnes relations. Je trouve qu’en Occident, on court trop et on se parle trop peu… Le Congo est devenu ma patrie…”

Un conseil d’évangélisateur pour ceux qui n’ont pas l’occasion de partir au loin pour vivre leur mission? “Les plus grandes choses que j’ai réalisées ont d’abord été inspirées. Être missionnaire, c’est d’abord dire à Dieu: j’ai confiance en Toi, mais qu’est-ce que tu veux que je fasse? Du coup, on est beaucoup plus disponible à tous les imprévus. Il s’agit d’ouvrir son cœur à tout ce que l’Esprit Saint nous permettra de faire.”

Ralph SCHMEDER