Au cœur de la production des hosties en Wallonie

Publié le jeudi 08 août 2019

Beaucoup de chrétiens ne le savent sans doute pas, mais les hosties utilisées chaque dimanche à la messe proviennent de trois monastères en Wallonie : le monastère des Clarisses de Cornillon (Liège), celui des Bénédictines d’Hurtebise (Saint-Hubert) et celui des Trappistines de Soleilmont (Fleurus).

Depuis plusieurs mois, à la suite de la décision du Carmel de Floreffe d’arrêter la production d’hosties, les trois communautés religieuses se réunissent régulièrement pour répondre à cette situation nouvelle. Les Sœurs Clarisses, récemment installées à Cornillon, sont les novices en la matière. Elles ont repris la production d’hosties dont s’occupaient précédemment les Carmélites qui ont quitté les lieux.

Atelier de production de Soleilmont – photo: F. Delooz

Plusieurs rencontres ont eu lieu, dans les différents monastères, au cours des derniers mois, afin de renforcer la collaboration, d’offrir des produits de meilleure qualité et répondre aux exigences d’un marché où apparaissent des acteurs commerciaux qui ne sont pas issus du monde religieux. Pour les religieuses, il s’agit d’un service à l’eucharistie qu’elles proposent aux communautés chrétiennes de Wallonie[1].

Une première rencontre avait eu lieu à l’automne 2018 au Monastère de Cornillon, en plein renouveau, avec l’arrivée des Clarisses et le projet de béguinage contemporain au cœur de la ville[2]. Ensuite, deux rencontres ont suivi, à Hurtebise et à Soleilmont. Il s’agit chaque fois d’occasions de rencontres fraternelles entre des communautés qui ne se connaissaient pas, mais aussi de moments de travail pour améliorer le service proposé aux clients.

La fabrication d’hosties de taille différente, les hosties blanches et les hosties « pain », la découpe, la conservation, le conditionnement, l’envoi. C’est une véritable activité économique qui est développée dans chaque monastère, avec les exigences en termes d’hygiène édictées par l’AFSCA. Les ateliers de fabrication sont équipés de machines spécifiques et adaptés à la production. A la différence d’ateliers traditionnels de confection de pain, par exemple, ce sont les religieuses qui prennent en charge l’ensemble de l’activité.

Pour les monastères, c’est un service aux communautés chrétiennes, mais aussi une source de rentrées financières pour des communautés contemplatives où les religieuses n’ont pas d’occupation professionnelle. Cela leurs permet d’assurer l’accueil d’hôtes en recherche de calme spirituel et d’entretenir de grands monastères dans lesquels les besoins sont nombreux.

Ces rencontres ont créé un entrain renouvelé au sein des communautés religieuses, grâce aux échanges multiples, mais aussi à la fraternité et à la collaboration qui se sont installées entre des communautés plus jeunes et plus anciennes qui représentent l’image de la diversité du peuple chrétien d’aujourd’hui.

Sœur Marie-Bernadette, Clarisse au Monastère de Cornillon

Découpage-tri-atelier de production d’hostie – photo: J. Galloy

Vous avez commencé la production d’hosties récemment. Que retirez-vous de ces premiers mois de travail?

La production des hosties continue normalement et très régulièrement comme d’habitude. Et c’est grâce à nos sœurs Carmélites qui nous ont laissé un grand stock et qui nous ont appris à cuire à la machine automatique et à plusieurs plaques. Pour nous, ce travail n’est pas étranger. Nous avons toutes appris à le faire déjà au monastère de Bujumbura. Nous tirons une joie immense d’être participantes d’une grande œuvre dans l’Eglise toute entière en tant que contemplative et nous nous sentons heureuses et soutenues par tous ceux qui communient au corps du Christ qui s’est fait chaire et nourriture pour que nous puissions rester en communion avec Lui.

 Quels sont les contacts avec les acheteurs d’hosties?

Nous avons gardé les clients des sœurs Carmélites et nous accueillons des nouveaux, grâce à l’invitation de notre Evêque et à nos sœurs Carmélites de Floreffe qui nous ont mis en contact avec leurs anciens clients. Et certains d’entre eux sont devenus comme des amis. Parfois, ils nous mettent au courant de leur situation familiale, nous confiant leurs intentions que nous confions au Seigneur.

François DELOOZ

[1] A Bruxelles, ce sont les Visitandines de Kraainhem qui assurent la fabrication des hosties.

[2] Un abri des pèlerins et une habitation intergénérationnelle seront prochainement ouverts sur le site du sanctuaire Saint Julienne de Cornillon. Voir: www.saintejulienne.org.