Annulation de tous les pèlerinages à Lourdes cet été

Publié le vendredi 24 avril 2020

Dans un communiqué de presse ce vendredi 24 avril 2020, consultable en fin de cet article, la Fédération des pèlerinages du Benelux, l’Hospitalité Belge de Notre-Dame de Lourdes et la Conférence des Évêques de Belgique informent de l’annulation de tous les pèlerinages belges à Lourdes cet été 2020. Lisez une première information du Vicariat Evangile et Vie du diocèse de Liège suite à ce communiqué.

Les Liégeois n’iront pas à Lourdes

Les responsables des pèlerinages ont dû prendre une décision difficile : annuler tous les voyages jusqu’à la fin du mois d’août. Cela concerne donc aussi le pèlerinage belge qui a quitté Liège pour la première fois en 1874.

Réunis le jeudi 23 avril dernier en visioconférence, les 30 directeurs belges des pèlerinages à Lourdes ont décidé à l’unanimité l’annulation de l’édition 2020. La précarité de la santé de nombre de pèlerins se rendant à Lourdes est la raison essentielle de cette décision, certes douloureuse, mais nécessaire. La décision a été prise bien avant la date des départs pour que les conséquences financières pour les directions de pèlerinages ne soient pas trop importantes.

Et pourtant, les préparatifs pour le pèlerinage liégeois étaient déjà bien avancés. L’hospitalité, par l’intermédiaire de son président, avait entrepris des démarches avec les différentes compagnies d’autocar et de train. Lors du pèlerinage, le doyen de Liège Jean-Pierre Pire aurait dû commenter le thème de cette année: « Marie où l’art de répondre au rêve de Dieu ». Monseigneur Delville aurait présidé les célébrations avec une chorale des jeunes accompagnée par l’abbé Vincent Jemine. Des démarches dans d’autres sanctuaires mariaux culturellement réputés de la région et un spectacle autour de la vie de sainte Bernadette étaient prévus à différents moments du programme.

Trop d’incertitude

Mais la pandémie du Covid-19 en a décidé autrement. Trop de questions n’ont pas trouvé de réponse. Les frontières entre nos deux pays seront-elles ouvertes? Et, si oui, à quel prix? Dans quelle mesure le sanctuaire qui réunit jusqu’à vingt mille personnes lors des processions ou de la messe internationale pourra-t-il répondre aux différentes demandes des diocèses du monde entier? Si de tels rassemblements sont encore possibles, les pèlerins risquent de vivre avec la peur d’une contagion massive.

Cette période est néanmoins instructive. Elle demande d’accepter de perdre la maîtrise de nos projets. Nous faisons comme beaucoup d’autres l’expérience de la fragilité de nos constructions. Nous nous sentons désarmés face à cette mise à l’arrêt, sans pour autant perdre l’espoir de dépasser ce temps d’épreuve. Aujourd’hui plus qu’hier, nous prenons conscience de notre dépendance à l’égard du contexte. L’insécurité n’est pas propice au rassemblement et à la vie communautaire.

Réinventer le pélé

Cette semaine de pèlerinage devra donc se réinventer. Il est possible que, par exemple, avec ceux qui le souhaitent, nous intensifions nos visites auprès des pèlerins moins valides restés en Belgique, que nous égayions une maison de repos avec une chorale, créions un chemin de prière autour du thème de cette année, organisions une conférence avec Jean-Pierre Pire, etc. Cette nouvelle version ne sera sans doute pas aussi attractive que la précédente, mais elle aura le mérite d’exister, si le contexte le permet évidemment!

Baudouin CHARPENTIER et Jean-Philippe DE LIMBOURG

Annulation de tous les pèlerinages à Lourdes cet été [FR, DE et NL – 24/04/2020]