57 ème Journée Mondiale de prière pour les Vocations

Publié le mercredi 29 avril 2020

Ce weekend, le samedi 2 et le dimanche 3 mai 2020, le pape François nous invite à tout spécialement prier pour les vocations à l’occasion de la 57ème journée mondiale de prière pour les vocations. Il a écrit, pour cette occasion, un message dont les mots principaux sont souffrance – gratitude – courage et louange[1].

Prier pour les vocations ? Et si ça me concernait de tout près ?

Prier pour les vocations ? Ne pourrait-on pas comprendre ce temps donné par l’Eglise tout d’abord comme temps de relecture sur sa propre vocation, quelle qu’elle soit ? En effet, « le mariage chrétien et le célibat pour le Royaume, ces deux vocations, méritent d’être, à part égale, mises en valeur par l’Eglise ». Je suis célibataire[2] ? ou marié ? ou célibataire pour le Royaume ?[3]  N’est-ce pas un instant offert par l’Eglise pour que chacun de nous puisse s’arrêter pour se poser à nouveau ces questions : « Est-ce que je me connais moi-même au-delà des apparences et de mes sensations ? Est-ce que je sais ce qui rend mon cœur heureux ou triste ? Quelles sont mes forces et mes faiblesses ? Suivent immédiatement d’autres questions : comment puis-je servir au mieux et être plus utile au monde et à l’Eglise ? Quelle est ma place sur cette terre ? Qu’est-ce que je pourrais offrir à la société ? Puis d’autres suivent, très réalistes : est-ce que j’ai les capacités nécessaires pour assurer ce service ? Est-ce que je pourrais développer les capacités nécessaires ? »[4]. Ces questions posées par le Pape François aux jeunes peuvent également être utiles à tous pour affiner, ajuster une vocation choisie. Une vocation, c’est chaque matin qu’on la remet sur le métier. N’est-il pas bon que le « oui » du premier jour soit redit chaque jour et, chaque jour, à chaque battement de cœur ?

Prier pour les vocations ? Oui, c’est déjà relire sa propre vocation, son propre chemin. Et puis, n’est-ce pas également être appelant, dans le concret de nos rencontres et peut-être oser témoigner, comme le pape François : « Aujourd’hui, règne une culture du provisoire qui est une illusion. Croire que rien ne peut être définitif est une tromperie et un mensonge. Souvent, il y a ceux qui disent qu’aujourd’hui le mariage est ‘démodé’. (…) Moi, au contraire, je vous demande d’être révolutionnaires, je vous demande d’aller à contre-courant ; oui, en cela, je vous demande de vous révolter contre cette culture du provisoire, qui, au fond, croit que vous n’êtes pas en mesure d’assumer vos responsabilités, elle croit que vous n’êtes pas capable d’aimer vraiment. J’ai confiance en vous et je vous encourage à opter pour le mariage »[5]. Et, toujours à la suite du pape, continuer à oser dire : « Si nous partons de la conviction que l’Esprit continue à susciter des vocations au sacerdoce et à la vie religieuse, nous pouvons « jeter de nouveau les filets » au nom du Seigneur, en toute confiance. Nous pouvons oser, et nous devons le faire : dire à chaque jeune qu’il s’interroge sur la possibilité de suivre ce chemin »[6]. Oui, l’engagement peut me façonner, m’élever, faire éclore en moi tous les talents encore cachés qui ne demandent qu’à être révélés pour les autres. Le pape nous rappelle que « tant de fois, dans la vie, nous perdons du temps à nous demander : « Mais qui suis-je ? Mais tu peux te demander qui tu es et passer toute la vie en cherchant qui tu es. Demande-toi plutôt : « Pour qui suis-je ? ». Tu es pour Dieu, sans aucun doute. Mais il a voulu que tu sois aussi pour les autres, et il a mis en toi beaucoup de qualités, des inclinations, des dons et des charismes qui ne sont pas pour toi, mais pour les autres »[7].

Prier pour les vocations ? C’est encore prendre conscience que le sanctuaire de la conscience de chacun est un temple inviolable. C’est prier pour que de plus en plus de chrétiens puissent trouver des lieux pour être écoutés[8]. « L’accompagnement spirituel est un service d’Eglise aujourd’hui particulièrement questionné par la question des abus, service dans lequel nous devons sans cesse affermir la dignité et la liberté de la personne, terre sacrée, à respecter »[9].

Prier pour les vocations ? Relire sa propre vocation, être appelant mais encore prendre le temps de contempler autour de nous toutes les vies données. Prier pour les vocations, c’est rendre grâce mais aussi peut-être reconnaître les parts d’ombre dans les chemins, regarder en face la souffrance, demander pardon, pardonner, reconnaître la présence du Seigneur, tous les jours, et être dans la gratitude d’une telle présence, entendre le « courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! »[10] . Ensemble, notre vie peut alors s’ouvrir à la louange, percevoir l’instant éternel qui se vit et oser repartir… à nouveau ensemble ![11]

Catherine JONGEN,
Responsable et coordinatrice de Church4you,
un service de l’Eglise catholique auprès des jeunes.
Vocation : mariée !
Marie-Jean NOVILLE,
Coordinatrice du Centre National des vocations.
Vocation : Sœur bénédictine !

[1] http://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/vocations/documents/papa-francesco_20200308_57-messaggio-giornata-mondiale-vocazioni.html
[2] Christus Vivit, § 267.
[3] Intervention de Jean Kockerols, évêque référendaire pour les jeunes et les vocations, lors du synode à Rome sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » (2018).
[4] Christus Vivit, § 285.
[5] Christus Vivit, § 264.
[6] Christus Vivit, § 274.
[7] Christus Vivit, § 286.
[8] http://www.vocations.be/ressources/tu-nas-pas-encore-daccompagnateurrice-spirituelle/
[9] Louisa Curreli, Vivre l’expérience spirituelle aujourd‘hui. Pour un accompagnement sans emprise, dans Christus, n° 265 (Janvier 2020), p. 12.
[10] Mt 14, 27.
[11] Le pape conclut son message pour cette journée avec ces mots : «Spécialement en cette Journée, mais aussi dans l’action pastorale ordinaire de nos communautés, je désire que l’Eglise parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire « oui », vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier».

Consulter également la page Auxiliaire de l’Apostolat dans le diocèse de Liège

En pièce jointe :

  1. Le signet « En toi, toutes nos sources ! » (Ps86), confectionné pour cette Journée Mondiale de Prière pour les Vocations
  2. Une veillée de prière, sous format PDF: Version textes / Version avec partitions à usage interne.
  3. Une brochure du Service diocésain des Vocations de Liège pour la journée à usage interne uniquement !