Six critères de discernement pour l’action de la Curie diocésaine :
  1. La Curie diocésaine, comme toute institution, doit s’organiser pour fonctionner. Le risque est que son fonctionnement soit discordant (chacun tire dans son coin), ou que le souci de l’organisation prenne le pas sur sa raison d’exister (fonctionnement bureaucratique). La raison d’exister de la Curie diocésaine est évidemment dans l’immédiat de fournir des services efficaces, mais dans le fond, il s’agit d’annoncer le Christ, de prier Dieu et de promouvoir l’amour du prochain, spécialement du plus pauvre. Une action diocésaine dispersée – où chaque vicariat œuvre dans son coin – s’épuise. Une action diocésaine autoréférentielle est quant à elle, stérile. Il s’agit donc de veiller à une coordination maximale de l’action pastorale, en vue de l’évangélisation et du bien de tous. 1er critère de discernement : l’action diocésaine est coordonnée, en vue d’une annonce efficace de l’Evangile et du salut de chacun.
  2. La Curie diocésaine agit en suivant des procédures, afin d’éviter le règne de l’arbitraire et des humeurs. L’étalon de son action doit cependant être le réalisme pastoral et l’attention aux personnes et aux communautés dans leurs besoins, tant matériels que spirituels. 2e critère de discernement : l’action diocésaine respecte des procédures, ciblées sur le service des personnes et communautés.
  1. La Curie diocésaine exerce la responsabilité sur les acteurs pastoraux au nom de l’évêque. Sans perdre de vue la cohérence du tout et la particularité de chaque ministère (prêtre, diacre permanent, ministre laïc), la Curie exerce cette responsabilité en distinguant (1) l’appel, le discernement et la formation des acteurs pastoraux, (2) leur nomination à des charges, exercées dans un cadre organique et hiérarchique et (3) l’accompagnement humain et pastoral de leur mission. 3e critère de discernement : l’action diocésaine distingue l’accueil des acteurs pastoraux, leur mise en responsabilité et leur accompagnement.
  1. La Curie diocésaine est amenée à prendre des initiatives, parfois impopulaires, souvent critiquées, jamais parfaites. Sauf urgence, ceci ne se fera pas sans une consultation des équipes, une écoute du terrain et une attention aux défis socio-économiques de l’heure. Parmi ces instances, le Conseil presbytéral occupe une place particulière, car il est « comme le sénat de l’évêque » (canon 495). Un Conseil pastoral diocésain pourrait, à terme, être créé comme organe de consultation, représentant tous les fidèles du diocèse (canon 511) 4e critère de discernement : l’action diocésaine prend des initiatives, en veillant à une écoute des équipes et du terrain.
  1. La Curie diocésaine vise à la cohérence, en cherchant à vivre en interne ce qu’elle promeut dans le diocèse. Ainsi, l’ambiance de collaboration en son sein, veille à développer une culture de respect de l’autre et de bienveillance. 5e critère de discernement : l’action diocésaine vise à vivre et agir en cohérence avec ce qu’elle promeut.
  1. La Curie diocésaine exerce sa mission dans un diocèse bilingue français-allemand, situé au cœur de l’Euregio. Cette réalité plurilinguistique se vit au travers de réflexes culturels et traditions pastorales fort divergents. Ceci est une chance, bien plus qu’un handicap. Si un Vicariat territorial veille à coordonner la vie diocésaine en Ostbelgien, des liens doivent être établis entre la pastorale francophone et germanophone, partout où cela est possible. En effet, l’écoute et la découverte de celui qui est différent, enrichit l’expérience de ce qui nous est familier et creuse notre sens de l’universalité (catholicité). 6e critère de discernement : l’action diocésaine vit sa dimension plurilinguistique comme une chance et un atout.