En ce matin d’Epiphanie, sœur Anne-Gisèle, née Anne Bilikova le 15 juillet 1916 à Velke Bielice (Slovaquie) a vu l’étoile et est allée rejoindre sereinement son Seigneur. Sœur Anne-Gisèle est enterrée au cimetière de Jupille.

“Nous avons vu son étoile à l’Orient.
Nous sommes venus l’adorer.”
(Matthieu, 2,2)

In Memoriam

Originaire d’une famille nombreuse, elle connut une douce enfance rurale, scolairement structurée et fut entourée de la forte affection de ses proches.
Très jeune, elle entend parler de Jupille (de nombreuses compatriotes y sont entrées) et, avec Rosa une compagne, elles décident de consacrer leur vie au Seigneur et quittent leur pays pour rejoindre Paris, puis les sœurs françaises à Ubbergen (Pays-Bas) pour apprendre le français.

En novembre 1931, Anne Bilikova entre au postulat et prononce ses premiers vœux en 1934 et s’engage définitivement dans la Congrégation Notre Dame en 1937.
Différentes tâches lui sont attribuées, notamment le travail à la cuisine, à la boulangerie. Il faut dire qu’à cette époque, les sœurs de la communauté, de même que les internes étaient nombreuses. Elle fit un court séjour à Louvain puis revint à Jupille où elle aide à l’infirmerie et réalise des travaux de couture.
Partout sont appréciés son attention aux autres, son sens du service, sa simplicité, son humilité.

Dans la suite, des événements ont marqué son cheminement.
Après une conférence de Monseigneur Suenens, elle s’engage dans la Légion de Marie, orientation apostolique répandue dans la paroisse saint Armand à Jupille. Ensuite, elle suivit la formation d’aide familiale, toute contente de se rendre utile dans les quartiers défavorisés de Liège.
Elle s’inscrit aussi dans la paroisse au service de la sacristie, du suivi des acolytes. Elle visite les aînés dans un home.

En 1990, l’incendie du site scolaire de l’Institut fera basculer la vie de la communauté qui quittera le bâtiment, aux deux tiers ravagé, pour le céder à l’Institut. Les sœurs de la communauté formeront trois petites fraternités logées peu à peu à Jupille. Les habitants nous suppliaient: “Laissez-nous des sœurs, elles sont notre phare”. Vous imaginez le changement de style de vie, de relations supposé par un tel déplacement de celles qui avaient toujours évolué dans un grand bâtiment et prié dans une magnifique chapelle démolie par les flammes, alimentées par des années de cire sur les parquets et les stalles.

Peu à peu, le nombre de sœurs diminue, vint l’heure du regroupement, celle de la fermeture. Les deux dernières soeurs, Noëlle-Marie et Anne-Gisèle ont clôturé une présence de 132 ans à Jupille et ont rejoint l’Olivier à Uccle fin mai 2010; ce qui fût un autre déplacement conséquent.

Quel est le secret de cette longévité d’Anne-Gisèle? La prière et une vie spirituelle profonde. Mais aussi le sourire, quelques sages paroles qui émergeaient de son silence et de ses lectures bibliques.

Je retiens aussi ce qu’elle m’a livré: “Quand j’ai vu que je devenais dépendante, j’ai décidé de dire merci.” Elle en était coutumière et cela faisait du bien à tous.

Elle reste sûrement auprès de nous, dans notre poursuite à chacune de l’étoile, Lumière de Jésus dans notre vie.

Sois bénie, chère sœur Anne-Gisèle, pour ce parcours lumineux, si digne.
Nous sommes ta famille et prions en union avec tous les tiens en Slovaquie.

Sr Edith Pirard,
Déléguée de la Belgique