Rénovation de la cathédrale – Séance académique

16 septembre 2021

Jean-Pierre Delville

 

Une cathédrale :  histoire de foi, cœur de la ville, mère du diocèse

 

Madame la Ministre,
Monsieur le Bourgmestre,
Monseigneur,
Monsieur le Doyen du Chapitre cathédral,
Mesdames, Messieurs, en vos titres et qualités,

C’est une grande joie pour moi de prendre part à cette inauguration de la rénovation de la cathédrale et à l’ouverture de son nouveau portail dû à la générosité de la Fondation Teheux-Teheux. C’est une joie pour moi de vous accueillir dans cette église qui est au cœur de la ville et du diocèse de Liège. La restauration de cette cathédrale, selon un accord-cadre signé en 2013, donne au centre historique de Liège un nouveau lustre et lui confère une nouvelle attractivité. C’est pourquoi je remercie de tout cœur ceux et celles qui s’y sont consacrés, depuis le conseil de Fabrique et les autorités civiles, jusqu’aux travailleurs, aux entrepreneurs et aux architectes qui se sont attelés à cet ouvrage.

Une cathédrale manifeste en effet une conjonction entre la performance culturelle et le dynamisme spirituel. Performance culturelle : en effet, chaque ville importante a voulu insuffler dans sa cathédrale le meilleur de ses connaissances techniques, artistiques et culturelles ; mais cette performance était sous-tendue par un dynamisme spirituel qui lui donnait sens et qui symbolisait l’espérance du peuple chrétien dans le salut apporté par le Christ.

Cette espérance est symbolisée par un jeu de lumière. Ainsi la cathédrale de Liège reflète-t-elle la lumière du soleil sur ses pierres de sable jaunes et ses pierres calcaires gris-clair. Elle reflète la lumière par ses vitraux, spécialement les vitraux multicolores de la nef centrale, qui rayonnent même vers l’extérieur. Et désormais, l’accès à cette lumière est facilité par le nouveau portail en airain doré, qui reflète lui aussi la lumière du jour. Ainsi la cathédrale procure-t-elle à ceux qui passent au cœur de la ville un puits de lumière multicolore, qui reflète la lumière divine et la sagesse humaine.

Si la ville bouge, la cathédrale reste et s’enrichit de nouvelles œuvres d’art au cours des âges. À Liège, c’est particulièrement le cas, puisque l’actuelle cathédrale a repris le flambeau de la défunte cathédrale Saint-Lambert, en adoptant la silhouette de sa tour, en récupérant son carillon et surtout, son Trésor, avec les reliques de saint Lambert, Trésor qui est si bien mis en valeur aujourd’hui et même s’est élargi de nouvelles acquisitions, grâce à la qualité de sa présentation.

Cet ensemble d’éléments de la cathédrale reflète une vie de foi de nombreuses générations, depuis saint Lambert au 7e siècle jusqu’aujourd’hui. La cathédrale est au cœur du diocèse de Liège et accueille des célébrations qui rassemblent les diocésains des quatre coins de la province. La cathédrale a ainsi accueilli en 2017 le corps de la bienheureuse Marie-Thérèse Haze, fondatrice des Filles de la Croix, qui est placé dans la chapelle voisine de celle de saint Lambert. Mère Marie-Thérèse a été une pionnière des écoles pour jeunes filles dans notre pays et elle a même fondé en 1861 un grand Collège pour jeunes filles à Lahore au Pakistan, où les Filles de la Croix sont très présentes aujourd’hui. Elles ont même eu récemment une supérieure générale indienne, sr Arlinda. En accueillant les reliques de la bienheureuse Marie-Thérèse Haze, la cathédrale a rempli son rôle d’église-mère du diocèse et a manifesté l’unité de l’Église, sous le pastorat de son évêque.

Tant il est vrai que la cathédrale, quel que soit son ampleur ou sa modestie, est l’église où l’évêque a sa cathèdre, c’est-à-dire son siège, le lieu par excellence où il célèbre les sacrements et enseigne l’évangile, assis comme le sont les enseignants dans le monde juif et entouré par le chapitre des chanoines et par les fidèles qui participent à la prière. C’est donc une joie toute personnelle qui m’anime quand, de mon siège d’évêque, je vois la cathédrale de Liège pimpante et plus que jamais prête à accueillir la vie spirituelle des fidèles et de toute personne de bonne volonté. Puisqu’on parle de siège, profitons-en : je m’assieds, j’arrête de parler et je me mets à écouter.

† Jean-Pierre Delville, évêque de Liège