En ce début d’année 2018, la revue diocésaine Eglise de Liège commence une sorte de “double vie”: les articles rédactionnels se trouveront désormais insérés dans le journal Dimanche et paraîtront de manière hebdomadaire, alors que la partie “officielle” continuera son existence sous la forme d’un “bulletin officiel” bimestriel. A l’occasion de ce premier numéro, nous avons rencontré Mgr Jean-Pierre Delville pour un petit état des lieux du diocèse.

Mgr Delville, vous semblez accorder une grande importance aux médias comme moyen d’évangélisation…

Effectivement, j’y crois assez bien. La nouvelle formule de la revue diocésaine nous permettra d’élargir notre lectorat, en y ajoutant les abonnés du journal Dimanche. La parution hebdomadaire rendra nos rédacteurs capables d’inclure l’actualité diocésaine dans les articles. Parallèlement, nous avons lancé un nouveau site internet, plus moderne et attrayant, avec une place importante réservée aux images et aux vidéos (www.evechedeliege.be). La page Facebook du diocèse sera également valorisée.

Conférence du 15 mars 2017 « Quel avenir pour nos paroisses, nos Églises, la foi et le monde ? » à Huy

Parmi vos grandes activités de l’année 2017, il y a eu la suite et fin des visites pastorales du diocèse…

Oui, j’ai terminé par les doyennés de Herve et de Huy. Lors de ces visites, j’ai compris encore mieux que la vie de l’Église est faite de différentes facettes qui s’épaulent mutuellement : vie des paroisses et des Unités pastorales, écoles et cours de religion, engagements sociaux, fabriques d’église, aumôneries de santé et de prison, visiteurs de malades, catéchistes, religieux, mouvements spirituels et formation chrétienne… En conclusion des visites pastorales, je rédigerai un document sous forme de lettre de carême, pour donner suite à ce qui a été vécu et à ce qui s’en dégage, et pour souligner des orientations importantes.

Cette année, on a beaucoup parlé de catéchèse dans le diocèse…

En effet. La consultation diocésaine sur la catéchèse a atteint son sommet le samedi 30 septembre lors des Assises de la Catéchèse. La démarche de consultation diocésaine a été appréciée partout et bien mise en œuvre. Dans la suite, je publierai des orientations. Il est déjà apparent que l’on va accentuer la formation à l’éveil de la foi avant la première communion. On va mettre l’accent sur les catéchèses communautaires en lien avec les célébrations liturgiques; celles-ci deviennent un pivot de la catéchèse et auront un caractère intergénérationnel.

L’engagement social, dont s’occupe notamment le vicariat Evangile et Vie, a-t-il aussi son importance pour vous ?

La dimension sociale est fondamentale pour notre foi. Cette année, un accent a été mis sur les familles, suite à l’exhortation du pape Amoris Laetitia. Le Service diocésain des couples et des familles a publié une brochure intitulée Aimer à nouveau, donnant des pistes de prière pour les divorcés voulant se remarier civilement. Nous insistons aussi sur l’accueil des immigrés. Les Couloirs humanitaires pour les réfugiés syriens sont un projet qui vient d’aboutir. La Journée mondiale des migrants du 14 janvier 2018 sera valorisée.

Autre sujet de préoccupation : l’avenir du patrimoine religieux et des églises. Ces questions se trouvent aussi de plus en plus à l’avant-plan de l’actualité…

En effet! Concernant les Fabriques d’Eglise, le chanoine Éric de Beukelaer a rédigé des lignes directrices intitulées Objectif 2020, qui vont être publiées bientôt. Elles résultent de la nécessité de collaboration entre fabriques. On envisage ainsi une plateforme des fabriques par commune. Cela permettra de sérier les dépenses et de concerter les projets.

Un mot aussi sur le monde des religieux ?

Dans ce domaine, je souligne l’arrivée des clarisses à Cornillon, officialisée le 11 octobre 2017, après le départ des carmélites. Le projet est d’installer sur place un habitat de laïcs qui animeront la prière au sanctuaire de sainte Julienne. On prépare aussi l’arrivée des Amantes de la Croix, religieuses vietnamiennes, à Hozémont, dans un an. Pour Chèvremont, les pères carmes n’ont pas trouvé de repreneur religieux, ni moi non plus; c’est pourquoi ils envisagent plutôt de céder le bien à une organisation de soins médicaux.

Un mot pour ouvrir les perspectives vers 2018 ?

En conclusion, je relève que la communication de la foi est névralgique aujourd’hui. Elle est peu évidente, vu la culture ambiante. Mais elle est stimulée par les initiatives que nous prenons. L’Église doit aussi aller à la rencontre des pauvres. C’est ainsi aussi qu’elle est évangélisée. On doit développer la fraternité dans nos communautés. La dimension de dialogue à tous les niveaux est importante: notre Église se fait connaître par les moments de dialogue qu’elle entretient, y compris via les médias et la radio diocésaine RCF.

Que l’Esprit-Saint nous inspire au cours de cette année 2018!

Propos recueillis par Ralph SCHMEDER

Ces dernières semaines, la discussion sur l’avenir du cours de religion a repris. Un domaine qui vous préoccupe ?

Les cours de religion dans l’enseignement officiel sont passés de deux heures à une heure au profit du CPC (cours de philosophie et de citoyenneté). C’est une complication pour tous, mais ce n’est pas une raison pour les abandonner, comme certains pensent. La mise en œuvre est parfois difficile, surtout que l’on peut demander deux heures de CPC au lieu d’une. Mais nous avons appris que 90 % des parents et des jeunes ont choisi de garder l’heure de religion. La vigilance nous pousse à rester attentifs pour qu’on ne supprime pas l’heure de religion subsistante. C’est un prescrit constitutionnel et c’est utile dans le monde actuel.