Une proposition de décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles, déposée par quelques députés du Mouvement Réformateur, a été soutenue officiellement par le président du MR pour lui donner l’aval de tout le parti. Elle demande d’imposer à partir de 2019 deux heures par semaine de cours de Cours de Philosophie et de Citoyenneté (CPC) dans l’enseignement officiel et de rendre optionnelle l’heure de cours de religion ou de morale non confessionnelle.

Le principal argument utilisé est la difficulté d’organisation de ce cours de CPC. Le projet est appuyé officiellement par le Centre d’action laïque (CAL), dans un communiqué publié le 8 décembre 2017.

L’Église catholique et les autres religions reconnues s’opposent à cette proposition. Elles sont appuyées par la grande majorité des parents et des enfants, puisque l’on constate qu’à la rentrée scolaire de septembre 2017 dans l’enseignement officiel, 94% des enfants dans l’enseignement primaire et de très nombreux jeunes sont inscrits à une heure de religion, contre quelques pourcents seulement à deux heures de CPC. Cela signifie que les Belges francophones voient dans l’enseignement de la religion à l’école une valeur sûre pour l’éducation de leurs enfants et un lieu d’orientation efficace vis-à-vis de la complexité du monde. Pour cela, le P. Tommy Scholtès, porte-parole des évêques de Belgique, a publié, en accord avec Mgr G. Harpigny, évêque référent pour les cours de religion, le communiqué suivant, rappelant le prescrit constitutionnel du cours de religion :

« Pour rappel, à ceux qui souhaitent généraliser le cours de citoyenneté en supprimant les cours de religion dans l’enseignement officiel, la Constitution belge stipule en son article 24: « les écoles organisées par les pouvoirs publics offrent, jusqu’à la fin de l’obligation scolaire, le choix entre l’enseignement d’une des religions reconnues et celui de la morale non confessionnelle ». Il est bon que tout élève fréquentant l’enseignement public ait la possibilité de recevoir un cours de religion, comme l’ont d’ailleurs demandé une grande majorité des parents. »

Je rappelle que les cours de religion catholique sont encadrés par des programmes officiels (cf. le référentiel déposé par les chefs de culte en mai 2013). Ces cours ne sont en rien un lieu de prosélytisme, ni d’endoctrinement. On y déploie une construction de sens qui contribue au développement intégral de tous les élèves, en mettant à leur disposition diverses ressources, en particulier celles de la tradition chrétienne, patrimoine culturel fondamental pour penser les questions d’existence et former aux enjeux de société. Ce cours apporte sa pierre à la lutte contre les dérives du radicalisme et du fanatisme religieux. Pourquoi les élèves du 21e siècle n’auraient-ils pas le droit d’apprendre les sens des démarches religieuses et spirituelles, non seulement du point de vue d’un observateur externe qui cherche à les expliquer, mais aussi du point de vue du participant engagé personnellement dans une quête de sens ?

+ Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, 11 décembre 2017