Homélie pour la messe de S. Alexis avec les Alexiens à Volière

Saint-Roch, Liège – 12 février 2020

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,
Chers Frères Alexiens

Au lendemain de la fête de Notre-Dame de Lourdes, qui est aussi la Journée mondiale des malades, nous nous retrouvons ici dans cette chapelle de S.-Roch qui a servi longtemps aux malades et aux frères alexiens comme lieu de prière. Encore aujourd’hui ce site de Volière est dédié au service des malades mentaux et des malades psychiatriques. Et encore aujourd’hui les services d’aumônerie accompagnent les malades dans un esprit évangélique. Aujourd’hui aussi des frères alexiens, dans le monde entier, s’engagent au service des malades, et spécialement des malades mentaux. Ils s’inspirent de saint Alexis, qui a voulu volontairement partager la condition de faiblesse des malades et des personnes abandonnées. C’est pourquoi je remercie la délégation des frères alexiens d’être présente ici avec leur supérieur général, le frère Lawrence Buttler. Je vous remercie tous d’être venus sur le lieu de ministère de vos frères, qui ont fondé cette maison en 1519 et qui s’y sont engagés généreusement au service de la population souffrante. Je remercie les amis de la chapelle Saint-Roch de Volière d’avoir lancé cette invitation et d’avoir mis en valeur cette chapelle durant cette année jubilaire. Je les remercie de promouvoir la restauration de cette chapelle et de raviver la mémoire des frères alexiens-cellites qui en furent les initiateurs dans un esprit prophétique de miséricorde, en étant des pionniers du soin accordé aux malades psychiatriques.

Jésus aussi avait voulu être proche des malades. Ainsi il n’a pas eu peur de fréquenter le malade mental qui vivait dans le cimetière de Gerasa, nous l’avons entendu dans l’évangile (Mc 5, 1-20). Ce malade était enchaîné, mais il avait rompu ses chaines et se déchirait avec des pierres. Jésus le libère de ce traumatisme. Il veut aussi libérer tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur cœur. Il a proclamé : « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous procurerai le repos » (Mt 11,25-30). C’est ce passage d’évangile que le pape François a choisi comme thème de son message pour la Journée des malades.  « Ces mots, dit-il, expriment la solidarité du Fils de l’homme, Jésus-Christ, face à l’humanité (…) souffrante. Que de personnes souffrent dans leur corps et dans leur esprit ! Jésus appelle tous les hommes à aller vers lui, ‘venez à moi’, et il leur promet soulagement et repos ».

« Jésus regarde l’humanité blessée, dit le pape. Jésus a des yeux qui voient, qui s’aperçoivent, qui regardent en profondeur. Il ne s’agit pas d’un regard rapide et indifférent, mais d’un regard qui s’attarde et accueille tout l’homme, tout homme, quelle que soit sa condition de santé, sans écarter personne, mais en invitant chacun à entrer dans sa vie pour faire une expérience de tendresse. » C’est pourquoi Jésus a regardé avec miséricorde le malade qui résidait dans les tombeaux à Gerasa et le malade s’est approché de Jésus. À nous aussi, Jésus nous dit cet après-midi : ‘Venez à moi !’

Le pape rappelle ensuite différentes situations de maladie : « Il existe diverses formes graves de souffrance : les maladies graves, les maladies chroniques, les maladies psychiques, celles qui nécessitent de la rééducation ou des soins palliatifs, les divers handicaps, les maladies de l’enfance, celles de la vieillesse »… Chacun de nous cet après-midi peut porter devant cet autel les noms des personnes malades que nous connaissons, ou des personnes fragiles auxquelles nous pensons ; chacun de nous peut porter devant le Seigneur ses propres fragilités, ses propres maladies, ses propres souffrances.

Face à ces fragilités et ces maladies, le pape continue : « Il apparaît nécessaire de personnaliser l’approche à l’égard du malade, non plus seulement en soignant mais aussi en prenant soin, pour une guérison humaine intégrale. » Ce « prendre soin », vous le connaissez. C’est ce que beaucoup d’entre vous pratiquent. Beaucoup d’entre vous prenez soin des personnes malades que vous connaissez ou que vous rencontrez.

Le malade de Gerasa, une fois guéri, a voulu suivre Jésus. Mais celui-ci lui a dit : « Va dans ta maison auprès des tiens et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde ». À nous aussi, le Seigneur nous demande de retourner chez nous, aux USA, en Allemagne, à Liège ou ailleurs, et de devenir ses témoins.

Remercions le Seigneur qui nous a permis aujourd’hui de nous rencontrer dans ce lieu de miséricorde et de prophétie et qui nous invite à être autour de nous des prophètes de la miséricorde.

† Jean-Pierre Delville, évêque de Liège.