Homélie fête de S. Lambert, Cathédrale de Liège
17 septembre 2020

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

 

Chers Frères et Sœurs, Liebe Brüder und Schwestern,

Vous qui êtes réunis dans cette cathédrale et vous qui nous entendez par la radio RCF,

Bonne fête de saint Lambert à tous !

Das Fest des Heiligen Lambertus, Schutzpatron unserer Diözese, ist ein Fest für jeden einzelnen von uns, weil wir heute die Frohe Botschaft des Evangeliums, die der Heilige Lambertus zu seinen Lebzeiten verbreitet hat, weitergeben und in unserer heutigen Welt verbreiten.

La fête de saint Lambert, patron de notre diocèse, est une fête pour chacun d’entre nous, car nous relayons et nous déployons dans notre monde d’aujourd’hui la bonne nouvelle de l’évangile, répandue par saint Lambert autrefois. C’est particulièrement vrai pour ceux et celles d’entre vous qui êtes chargés d’une mission spécifique dans notre diocèse, comme prêtre, comme diacre, comme assistant paroissial ou comme membre d’un service diocésain.

Pourtant saint Lambert n’a pas eu la vie facile. D’abord, il a succédé saint Théodard, évêque de Maastricht, qui a été assassiné vers 669. Lambert a donc commencé son épiscopat dans une atmosphère de menace. Durant son ministère il a été exilé par le maire du palais Ébroïn durant de longues années et a été placé en résidence surveillée à l’abbaye de Stavelot. Il a donc connu le confinement. Enfin, à son tour, il a été assassiné vers 696 à cause de conflits liés à son autonomie par rapport au pouvoir civil.

Si je rappelle ces événements tristes et ces épreuves, c’est que la fête d’aujourd’hui est marquée aussi par les épreuves que subit notre société à cause du coronavirus. Nous voudrions que la célébration de ce jour nous donne de nouvelles forces dans ce cadre difficile.

Die heutige Welt trägt ihr Kreuz. Sie leidet unter der Corona-Epidemie. Viele unter uns leiden wirtschaftlich oder psychisch unter der Krise. Le monde d’aujourd’hui porte sa croix. Il peine sous le choc de l’épidémie du coronavirus. Beaucoup souffrent au niveau économique ou psychologique. Nous savons que le confinement nous a obligés à nous perfectionner en matière de nouveaux médias et en matière de catéchèse à domicile. Mais nous savons aussi que le fait d’être privés de la présence physique de nos proches et de nos amis nous pèse beaucoup. Cela a pesé spécialement sur les personnes isolées en maisons de repos. Cela a pesé sur toutes les réunions qu’on ne pouvait faire. Und am Tag, an dem wir uns nach drei Monaten Ausgangseinschränkungen zaghaft wiedersehen konnten, war ein Tag der Gnade, an dem wir verstanden, wie wichtig uns die gemeinsame Zeit unter Menschen ist. Et le jour où, après trois mois de confinement, on a pu timidement se retrouver, a été un jour de grâce, parce qu’on a compris l’importance de former ensemble une communauté humaine.

C’est pourquoi nous voulons associer à cette célébration de Saint-Lambert la bénédiction de l’huile des malades. Au cours de la vague de la pandémie, les membres des aumôneries d’hôpital, ainsi que les visiteurs et visiteuses de malades, ont fait le maximum pour assister les malades, prier avec eux et leur donner le sacrement des malades. C’est pourquoi nous voulons aujourd’hui les remercier et les mettre à l’honneur. Deshalb werden wir heute das Öl für die Krankensalbung in Anwesenheit einer Abordnung des Pflegepersonals, der Krankenhausseelsorger und des Diözesanvikariats für die Gesundheit segnen. C’est pourquoi nous bénirons l’huile des malades en présence de délégués du personnel soignant, des aumôneries d’hôpital et du vicariat pour la santé.

Jésus lui-même a vécu l’échec. Il a été arrêté, condamné, crucifié. Il l’a annoncé en disant ce que nous avons entendu dans l’évangile : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24). Jesus sagt voraus, dass seine Mission ihn in den Tod führen wird. Der Tod, jedoch, wird ihn zur Auferstehung führen; und die Auferstehung wird die Quelle neuen Lebens und neuer Gemeinschaft sein! Jésus prédit que sa mission le conduira à la mort, mais la mort le conduira à la résurrection ; et la résurrection sera source de vie nouvelle et de communauté nouvelle.

Comme saint Lambert et comme Jésus, qui ont dû affronter de rudes épreuves et qui ont donné leur vie pour leur foi, nous voulons manifester notre espérance et notre résistance face au mal. Car le futur de l’humanité est dans les mains de Dieu et dans les mains des pauvres. Quand nous sommes pauvres et fragiles, nous sommes stimulés à réagir et à trouver de nouvelles forces d’amour, que Dieu seul peut nous donner. Gott bietet der Menschheit somit eine Gelegenheit für eine neue Zukunft und weckt unsere Hoffnung über alle Schwierigkeiten hinaus. Dieu offre ainsi une occasion d’un nouvel avenir à l’humanité et éveille notre espérance au-delà des difficultés.

Jésus accepte de donner sa vie et il nous invite à faire de même. « Si quelqu’un veut me servir, – dit-il – qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ».

Cher Frères et Sœurs, suivre Jésus exige d’affronter les épreuves. Aber diese Prüfungen bringen neues Leben, das der Errettung der Welt dienen wird. Mais ces épreuves sont porteuses d’une vie nouvelle qui servira au salut du monde. C’est pourquoi je conclurai avec les mots que saint Paul ose écrire : « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Rm 8,38).

Amen ! Alléluia ! Halleluja!

+ Jean-Pierre Delville, évêque de Liège.