Homélie Noël

25 décembre 2020

Cathédrale de Liège

 

Chers Frères et Sœurs,

Ce Noël 2020 ne ressemble à aucun autre Noël ! On s’en souviendra de ce Noël 2020 ! Un Noël de confinement, un Noël sans messe ouverte à tous, sans retrouvailles en famille, sans visite à nos aînés en maison de repos… Un Noël dans l’isolement pour beaucoup.

Mais tout compte fait, il ressemble bien à un autre Noël, au premier Noël, quand Jésus est né dans l’isolement à Bethléem et a été couché dans une mangeoire d’animal parce qu’il n’y avait pas de place à l’auberge pour sa famille, comme nous rapporte l’évangile de Luc (Lc 2,7). C’est Saint Joseph qui a découvert cet endroit. Il a souvent le second rôle, mais il était efficace. Le pape François vient de nous le rappeler dans sa lettre apostolique sur saint Joseph, intitulée Patris corde (un cœur de père). Il nous dit que saint Joseph lui fait penser à tous ceux qui travaillent dans l’ombre pendant cette pandémie du coronavirus et qui nous permettent de résister face aux épreuves : « médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses, parents, grands-parents, enseignants »,… Saint Joseph nous apprend « que, dans les tempêtes de la vie, nous ne devons pas craindre de laisser à Dieu le gouvernail de notre bateau. Seul le Seigneur peut nous donner la force d’accueillir la vie telle qu’elle est, de faire aussi place à cette partie contradictoire, inattendue, décevante de l’existence ».

Mais il y eut une bonne surprise ce soir-là : ce fut la visite d’un groupe de bergers ! De pauvres types, qui avaient entendu la voix d’un ange, leur disant « Aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Et cette bonne nouvelle fut confirmée par le chant d’un groupe d’anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 12-14). Ces bergers ont cru dans ce message. Ils ont quitté leur travail immédiatement et ils se sont rendus à la crèche. Ainsi le confinement s’est transformé en communauté. Et l’isolement de la sainte famille, en visite des bergers !

Aujourd’hui, les bergers, c’est vous, chers Frères et Sœurs, qui nous entendez et nous voyez ! Comme les bergers, laissez-vous émerveiller. Abandonnez vos soucis d’hier et vos préoccupations pour demain ; arrêtez-vous ! Aujourd’hui le ciel touche à la terre et l’humain touche au divin. Laissez-vous imprégner par l’esprit d’amour. Malgré le confinement, gardez le contact les uns avec les autres, faites un geste d’amitié pour ceux qui sont dans la pauvreté ou la difficulté, et ouvrez votre cœur à Dieu et son fils Jésus.

Les bergers répètent partout le message de l’ange : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Grâce à eux ce message est devenu universel, un message d’espérance et d’amour pour toute l’humanité. Ce message de paix est très actuel.

À Noël, chacun devient un berger pour l’autre, avec la force de la grâce de Dieu. Alors sachons faire des gestes d’espérance : entrer en contact avec les autres, faire un pas vers quelqu’un, aider le voisin, avoir des gestes d’amitié.

Gardons l’espérance dans nos cœurs, même si nous sommes dans une situations difficile ! Ayons confiance en Dieu et en nos proches, qui nous aident et nous encouragent.

Comme les bergers, ayons l’espérance, dans nos actes et nos paroles ! Les bergers se sont approchés de la crèche, approchons-nous aussi, de l’enfant Jésus. Ayons un esprit de confiance pour reconnaître en lui le Sauveur du monde et en témoigner autour de nous.

+  Jean-Pierre Delville, votre évêque.