Fête de Notre-Dame de Banneux, Vierge des Pauvres

Ouverture de la saison des pèlerinages
1er mai 2020
Eucharistie retransmise en streaming depuis Banneux

Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

 

Introduction

Chers Frères et Sœurs,

Cette année, le muguet est en avance ; il est bien fleuri en ce 1er mai : en voilà un bouquet de quelques brins. Banneux, par contre, est vide ; rarement Banneux a été aussi désert un 1er mai, jour d’ouverture de la saison des pèlerinages. Il n’y a plus de saison !

Crise du coronavirus oblige, nous devons restés confinés ! Pourtant je sais que vous êtes là spirituellement présents et même virtuellement présents à travers les médias, comme YouTube, qui nous unissent. Nous sommes là au pied de Marie qui nous a visités autrefois à Banneux et qui continue à nous visiter aujourd’hui. Elle continue à soulager les souffrances et à assister les malades. Plus que jamais elle est la Vierge des pauvres, car dans la pauvreté que nous vivons, la pauvreté psychologique, la pauvreté matérielle, la pauvreté en relations, la pauvreté spirituelle, Marie nous assiste et nous conduit vers Jésus, elle qui a vécu la pauvreté et l’exil : rappelons-nous qu’il n’y avait pas de place pour elle à l’hôtellerie que elle dut accoucher. C’est dans cette précarité qu’elle a accouché du sauveur du monde. C’est dans cette pauvreté qu’elle nous a offert la joie de Noël. Vivons à notre tour cette joie de l’accouchement d’un monde nouveau, qui est né de la naissance et de la résurrection de Jésus! La solidarité de Marie avec Jésus et Joseph nous guide dans notre solidarité actuelle, pour avancer vers un monde meilleur et pour nous faire entrer dans la joie de Dieu.

Homélie

Chers Frères et Sœurs,

« Je viens soulager la souffrance ! » Cette phrase célèbre de la vierge Marie prononcée à Banneux, est bien d’actualité, en cette pandémie du coronavirus, où la souffrance est présente partout. Chacun de nous porte en son cœur les peurs liées à cette maladie et les inconvénients qu’elle entraîne. Certains d’entre nous sont atteints par cette maladie ou par une autre. Certains de nos amis ou parents sont décédés, souvent dans l’isolement ou la souffrance.

C’est dans cette situation que nous ouvrons la saison des pèlerinages à Banneux. Ouverture inédite, faite dans le confinement. Mais grâce aux médias et à YouTube, nous ne sommes pas seuls dans cette chapelle Saint-François, nous sommes de tout cœur avec vous qui nous suivez sur les écrans ou qui nous suivez spirituellement. Beaucoup de personnes ont leur cœur à Banneux auprès de Marie en ce 1er mai et peut-être même plus que d’habitude. Car si nous sommes peu nombreux à visiter Marie à Banneux, Marie quant à elle nous visite tous, elle nous visite là où nous sommes.

Elle nous a visités en 1933 en une année de grande pauvreté, durant la crise économique de 1929. Elle nous revisite aujourd’hui dans cette pandémie et dans cette situation de nouvelle pauvreté. Elle est toujours la vierge des pauvres, car nous découvrons dans cette crise actuelle notre pauvreté. Marie a donné des signes de sa présence à cette époque et elle nous fait signe encore aujourd’hui. Elle nous soulage par sa prière et par les signes qu’elle nous donne, à travers la source. Car on continuera à venir à Banneux, même si les pèlerinages de grands groupes ne seront pas permis pendant plusieurs mois. Mais chacun reste bienvenu dès le confinement sera atténué ou terminé.

Nous continuerons à trouver à Banneux Marie qui nous amène à Jésus. Jésus qui a dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau… et vous trouverez le repos pour votre âme » (Mt 11, 25-30). Jésus est « doux et humble de cœur », il affirme que Dieu le Père est proche des tout-petits : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, dit Jésus à son Père, tu l’as révélé aux tout-petits ». Jésus est proche de nous dans notre faiblesse et il nous donne le repos. Il est discret. Parfois nous aimerions que Jésus agisse de manière sensationnelle et autoritaire. Mais comme l’annonçait le prophète Isaïe à propos du Messie à venir : « Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors » (Isaïe (42, 1-4.6-7). La présence de Dieu ne s’impose pas, elle est discrète. Elle agit d’abord dans nos cœurs. Et je voudrais souligner ici la présence active de ceux et celles qui ont aidé leur prochain dans ces circonstances. Je remercie les membres du personnel soignant et tous ceux qui ont travaillé à notre subsistance durant ces derniers temps. Je remercie ceux qui ont se sont mis au service de l’autre. Parfois c’est avec des moyens très simples, par exemple en applaudissant le soir à 20 h. dans les rues et aux fenêtres pour remercier le personnel soignant. Cela a permis à certaines personnes de rencontrer des voisins qu’ils n’avaient jamais rencontrés. Ainsi on donne le peu qu’on a. C’est comme Pierre et Jean, qui rencontrent un mendiant infirme à la sortie du temple de Jérusalem ; Pierre lui dit: « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ;
mais ce que j’ai, je te le donne :
au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche » (Ac 3,1-10). 
D’un bond, il fut debout, ajoute la narration, et il marchait » À nous aussi, qui mendions au Seigneur une vie plus sereine et plus paisible, le Seigneur nous dit : « Lève-toi et marche ».

Marche ! Viens vers Banneux quand tu pourras. Mais sois y déjà présent en esprit et en désir ! Prie pour tous ceux qui veulent y venir et qui cherchent la paix du cœur dans les bras de Marie. Approche-toi de la Vierge des pauvres, elle s’approchera de toi. À Banneux la Vierge a dit à Mariettte : « Croyez en moi, je croirai en vous ». Croyons en elle, et elle nous secourra. Elle secourra toute l’humanité. Avec la grâce du Christ, elle rendra notre monde meilleur.

Bonne fête de Marie à tous !

+ Jean-Pierre Delville, évêque de Liège