Homélie 13e dimanche ordinaire A – Saint-Barthélemy, Liège

(Mt 10, 37-42)

Messe des familles

Du verre d’eau fraîche à l’eau vive du baptême

 

Chers Frères et Sœurs,

Vous venez de l’entendre dans l’évangile, un simple verre d’eau fraîche peut être un vrai cadeau ! Cela fait surtout plaisir quand il fait chaud, comme cette semaine. Non seulement cela fait plaisir, mais cela sauve la vie ! Les médecins nous disent que les enfants et les personnes âgées doivent boire beaucoup quand il fait chaud. Donc quand vous leur donnez un verre d’eau, vous leur sauvez la vie ! C’est un beau cadeau, que de sauver la vie de quelqu’un ! et cela ne coûte presque rien : c’est pratiquement gratuit. Un enfant peut aller chercher un verre d’eau au robinet, il ne devra rien payer. Mais il faut y penser à temps, il faut faire attention à ceux qui ont besoin d’un verre d’eau. Cela, c’est plus difficile ! On risque d’être distrait, ou préoccupé par ses propres affaires. Alors comment faire pour ne pas oublier de servir un verre d’eau ? Il faut être uni à Jésus, qui nous souffle à l’oreille ce que nous devons faire, plus exactement il inspire à notre conscience ce que nous devons faire.

C’est ce que nous voyons dans l’évangile d’aujourd’hui. C’est un discours où Jésus envoie ses disciples tous seuls pour témoigner de l’évangile. Il leur donne des consignes pour leur dire de rester unis à lui, même s’il n’est pas matériellement présent et même s’ils sont dans la difficulté.  Les disciples sont donc lancés à l’aventure, à leurs risques et périls.

C’est comme nous durant la période de confinement que nous avons vécue. Nous étions aussi loin de Jésus, matériellement parlant. Nous ne pouvions pas participer à l’eucharistie ni communier à cause de la pandémie ; nous étions souvent loin les uns des autres. Nous avons souffert pendant cette période, à cause du confinement, à cause de la solitude, à cause des difficultés de chacun à faire son travail et à vivre sa vie sociale. Nous avons porté notre croix, comme dit Jésus.

Pour résister dans ces épreuves, il faut se mettre mentalement en présence de Jésus. Lui aussi a porté sa croix, mais grâce à cela à cela, il a donné sa vie et il a sauvé nos vies. Nous aussi, nous avons découvert que nous n’étions pas seuls dans ces moments d’épreuve. Nous avons pu prier en famille, en nous aidant de la TV ou d’autres moyens de communication.

Dans les souffrances et les épreuves, il faut s’associer à Jésus ; il nous encourage et nous aide. Il faut chercher à faire du bien avant de chercher notre bien-être personnel. C’est pourquoi Jésus dit : « Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciples, il ne perdra pas sa récompense ». C’est ainsi que les disciples qui sont envoyés en mission pourront être désaltérés par un verre d’eau fraîche ou, encore mieux, ils pourront être accueillis dans une maison pour y loger une nuit. Cela fait grand plaisir, cela sauve la vie.

Ceux qui ont distribué de la nourriture aux personnes qui en avaient besoin l’ont constaté : ils ont fait grand plaisir aux gens et ils ont même fait des recrues pour venir les aider. Des étudiants sont venus aider, vu qu’ils ne pouvaient plus aller à l’école. Des étudiants sont aussi allés parler aux fenêtres de personnes âgées, qui ne pouvaient pas sortir de chez elles. Ainsi on a créé des liens nouveaux ; on ne s’est pas attaché seulement à sa famille ou à son bien-être personnel, mais on a regardé plus largement et plus loin. On a perdu du temps pour les autres, mais on a trouvé du bonheur pour sa vie ; c’est pourquoi Jésus dit : « Celui qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera », il la trouvera pour de bon, il trouvera la vraie vie, la vraie qualité de vie.

Aujourd’hui nous nous retrouvons enfin pour une messe des familles ; nous nous retrouvons pour prier et pour remercier Dieu de nous avoir sauvés pendant ces moments difficiles.

Le Seigneur nous accompagne, comme il a accompagné ses disciples partis en mission. Prions aussi pour tous ceux qui sont encore accablés par l’épidémie dans le monde et pour ceux qui souffrent chez nous. Que la présence invisible du Seigneur nous aide tous dans cette épreuve. Qu’en perdant quelque chose de notre vie et de son confort, nous puissions trouver la vraie vie, la vie en abondance, et, comme dit saint Paul, la vie nouvelle des baptisés, la vie pour Dieu, en Jésus-Christ. Et ainsi le verre d’eau fraîche va devenir la source d’eau vive dans laquelle nous sommes baptisés !

Amen ! Alléluia !

+ Jean-Pierre Delville, évêque de Liège