Homélie festival Venite adoremus
Cornillon, 12 novembre 2020

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

 

Chers Frères et Sœurs,

Bienvenue à vous tous, qui nous suivez sur YouTube pour cette célébration d’ouverture du festival d’adoration Venite adoremus. Bienvenue au festival de la prière ! Soyons dans la joie malgré la pandémie, parce que le Seigneur nous soutient et nous rend visite par le Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ. Nous sommes ici au monastère de Cornillon à Liège, où sainte Julienne a vécu. Elle a prié dans cette église. Et dans cette maison elle a eu la vision qui lui a inspiré de promouvoir une fête pour Saint-Sacrement.

Le confinement nous oblige à célébrer en petit comité ; mais le confinement n’interdit pas d’entrer dans une église et d’adorer le Seigneur présent dans le Saint-Sacrement. Il n’interdit pas d’adorer à distance et de prier depuis nos maisons. Le festival nous incite à donner de l’espace à la prière, parce que celle-ci nous donne des forces qui nous permettent de résister aux épreuves que nous vivons et de nous engager au service des autres. Ainsi nous vivrons une guérison de notre corps et de notre âme. Et nous aiderons le Seigneur à sauver l’humanité et à la guérir de ses blessures spirituelles ou matérielles.

Le festival de l’adoration se déroule dans un contexte difficile à cause de la pandémie qui nous assaille. Mais ce festival est d’autant plus utile et important, car il nous incite à prier ensemble et à demander au Seigneur de pouvoir surmonter nos épreuves. Il nous incite à prier pour toute notre société, qui est menacée par cette maladie et qui souffre de ses conséquences.

La lettre aux Hébreux (He 10,32-36), que nous avons lue en première lecture, évoque les chrétiens de l’Eglise primitive. Ils sont persécutés et ils subissent des vexations, des moqueries. Alors l’auteur leur rappelle leur conversion : « Souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ », leur dit-il. Nous aussi, souvenons-nous de notre vie de foi, de nos moments de prière et gardons confiance. « Ne perdez pas votre assurance », écrit l’auteur. Vous non plus, chers Frères et Sœurs, ne perdez pas votre assurance ni votre foi. Soyez en particulier serviables envers ceux qui souffrent en ce moment de pandémie. Comme dit encore l’auteur de la lettre aux Hébreux : « vous avez montré de la compassion envers ceux qui étaient en prison ». Cela signifie que les chrétiens ont pris soin de ceux qui étaient prisonniers et en difficulté. Ils ne les ont pas abandonnés. De même, nous aujourd’hui, sachons accompagner ceux qui sont isolés ou marginalisés. J’ai entendu que de belles initiatives se prennent dans notre diocèse. De nouveaux bénévoles se sont présentés aux endroits où l’on avait besoin d’aide, spécialement aux endroits où l’on sert des repas à ceux qui en ont besoin, comme au Centre liégeois de service social, ou dans différentes communautés chrétiennes. On a mis sur pied une nouvelle ligne téléphonique pour écouter les personnes qui souffrent de solitude. Ces attentions à l’autre, chacun de nous peut les avoir en prenant plus de temps que d’habitude pour contacter nos proches et ceux qui ont besoin d’amitié. Donc gardons courage : comme dit la lettre aux Hébreux, « l’endurance vous est nécessaire pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation des promesses ». Oui, le Seigneur nous a promis le bonheur dans la vie éternelle : cela commence par l’endurance dans notre vie quotidienne, l’endurance dans l’amour du prochain, qui s’exprime dans les gestes d’amitié, et l’endurance dans l’amour de Dieu, qui s’exprime dans la prière.

Le Seigneur Jésus nous accompagne et nous aide dans ce chemin d’amour. C’est comme avec les disciples d’Emmaüs (Lc 24,18-35) : ils étaient désemparés par la mort de Jésus. Mais Jésus les accompagne mystérieusement sur le chemin et il leur parla longuement. Jésus parle longuement pour réconforter le cœur des disciples. Et après il leur partage le pain : alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. Ainsi, dans l’adoration, Jésus nous parle longuement pour que nos yeux le reconnaissent et que nos cœurs soient brûlants de joie. Car il a vraiment donné sa vie pour nous et pour notre bonheur. Nous l’avons entendu dans l’évangile (Jn 11,45-52). L’évangéliste précise : « C’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés ». En effet, nous voyons que l’humanité est dispersée, qu’il y a des conflits et des injustices. Nous voyons qu’il y a des souffrances, en particulier avec cette épidémie. Mais ce n’est pas le dernier mot des choses. Jésus a le projet de rassembler dans l’unité l’humanité dispersée.

Ainsi quand nous adorerons son corps eucharistique, nous lui ferons confiance parce qu’il nous sauve de notre égoïsme et de notre péché. Il sauve l’humanité de sa dispersion. Nous lui présenterons dans notre prière tous ceux qui sont victimes de cette dispersion des enfants de Dieu. Nous présenterons ceux qui souffrent, ceux qui sont malades du Covid ou d’autre chose ; nous présenterons ceux qui sont victimes de guerres ou de discriminations dans notre monde. Nous présenterons ceux qui souffrent de la guerre en Azerbaïdjan et en particulier les chrétiens arméniens qui sont chassés de leur maison à cause de la guerre. Nous présenterons ceux qui souffrent des dérèglements climatiques. Nous présenterons ceux qui sont persécutés. Nous présenterons cette humanité dispersée, que Jésus veut rassembler dans l’Unité. Le pain rompu rappelle les blessures de l’humanité, l’hostie ronde exposée à nos yeux nous rappelle l’unité que le Christ nous réserve.

Alors soyons dans la confiance en ce début du festival Venite adoremus. Engageons-nous dans la prière et dans le service de nos frères ! Et encourageons nos frères et sœurs à s’associer à cette démarche ! Faisons des adeptes, pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés !

Amen ! Alleluia !

+ Jean-Pierre Delville, évêque de Liège