Homélie Baptême du Christ C

Célébration avec les communautés d’origine étrangère
Jean-Pierre Delville, évêque de Liège
Cathédrale de Liège

Liège, 13 janvier 2019

Chers Frères et Soeurs,

 

C’est une grande joie pour moi de vous adresser la parole en cette célébration avec les communautés d’origine étrangère. C’est une grande joie de vous voir rassemblés de différents pays du monde, avec tous ceux qui s’engagent dans l’accueil ici dans notre diocèse de Liège. Nous sommes réunis ici avec de nombreuses communautés : vietnamienne, syrienne, italienne, africaine, croate, polonaise philippine et autres. Cette célébration nous rassemble, à l’initiative de la Pastorale des migrants et des Communautés d’origine étrangère et de ses responsables, le vicaire épiscopal Baudouin Charpentier, et Madame Isabelle Cegielka, avec la participation des aumôniers des différentes nations citées.

« Tout le peuple était en attente », écrit l’évangéliste Luc à propos de Jean Baptiste. Je me dis qu’aujourd’hui aussi nous sommes un peuple en attente : vous qui venez de l’extérieur du pays, vous êtes venus en attente d’une situation meilleure, en attente d’un futur meilleur. Vous vous êtes déplacés, comme le peuple juif qui s’est déplacé pour écouter Jean-Baptiste.

Dans l’évangile selon S. Luc, nous voyons souvent les gens qui se déplacent. Jésus lui-même s’est déplacé pour écouter Jean-Baptiste. Cela signifie que ceux qui se déplacent reçoivent une nouvelle initiation, un nouveau départ, un baptême. Le baptême fait suite à un cheminement. Même pour les enfants, le baptême fait suite à un cheminement : le cheminement des parents, le cheminement de l’accouchement, le cheminement de la naissance. Pour les adultes qui reçoivent le baptême de Jean, non seulement ils font l’expérience du baptême de pénitence que donne Jean Baptiste, mais ils reçoivent la bonne nouvelle de la révélation de Jésus, investi de l’Esprit Saint et présenté par Dieu comme son fils.

Lorsque Jésus est baptisé par Jean, c’est aussi Dieu qui se déplace : l’Esprit-Saint descend sous la forme d’une colombe et la voix de Dieu vient du ciel en disant : « Tu es mon fils bien-aimé. En toi je trouve ma joie ». Le baptême débouche sur l’épiphanie de Jésus, sur la manifestation de sa nature profonde. Le baptême de Jésus fait apparaître la présence de la Trinité : la voix du Père, la colombe de l’Esprit Saint et la personne du Christ. Le baptême est donc l’occasion d’une rencontre entre Dieu et l’homme, suite à un déplacement de l’homme et un déplacement de Dieu.

C’est pourquoi nous rappellerons dans un instant notre baptême, en apportant à l’autel tous les symboles du baptême : l’eau, l’huile, la lumière et le vêtement blanc. Cette rencontre entre l’homme et Dieu qu’est le baptême produit aussi un peuple nouveau, où tous sont appelés à se rencontrer. Comme l’écrit saint Paul à Tite, « Jésus-Christ s’est donné à nous afin de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien » : nous sommes tous réunis en un seul peuple, avec une seule mission, celle de faire le bien.

Le baptême nous unit tous dans la même espérance et dans la même foi, que nous soyons nés en Belgique ou ailleurs. Comme dit saint Paul: « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ». Et il ajoute : « Par le bain du baptême, Dieu nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle ».

C’est donc un avenir de bonheur que le baptême nous offre et une vie en plénitude, une vie éternelle. C’est pourquoi le baptême de Jésus est une fête de l’espérance pour chacun de nous. Le Seigneur veut donc remettre debout tous ceux qui vivent dans l’épreuve, spécialement ceux qui sont migrants et réfugiés ; pour cela, il veut que nous vivions une solidarité entre nous. D’une part, la Belgique a quelque chose à apporter aux immigrés, en particulier la paix et la sécurité ; d’autre part, les immigrés apportent quelque chose à la Belgique, à commencer par leur foi dans la vie, leur foi en Dieu, leur dynamisme culturel, leur solidarité familiale et sociale. Une preuve en est cette célébration elle-même et la présence de nombreux immigrés. Certains interviendront par leurs chants à différents moments de cette célébration.

Merci Seigneur de nous avoir réunis ce matin autour de toi !

Merci pour la manifestation de Jésus comme Fils de Dieu et investi de l’Esprit-Saint !

Merci de nous unir au baptême de ton fils Jésus !

Merci de nous avoir donné le baptême !

Merci de faire de nous un peuple nouveau !

Merci de nous donner une nouvelle perspective de vie !

Amen ! Alleluia !

+ Jean-Pierre Delville, évêque de Liège