Homélie 3e dimanche ordinaire A
La Minerie, Confirmations

25 janvier 2020

« Je porte sur ma confirmation un regard plein d respect car Dieu nous offre le plus beau des cadeaux qu’est la vie. »
« Ces quelques mois de préparation m’ont permis de m’ouvrir à moi-même, aux autres, à Dieu, mais aussi de découvrir les expériences variées d’autres personnes à travers leur vie et leur foi, et ainsi de développer mon propre chemin et ma propre foi ».
« Ces derniers temps ma foi est devenue plus forte et je prie de plus en plus souvent… pour ne pas me déconnecter avec Dieu et avec ma foi. »
« Ma croyance en lui est réciproque, je l’espère. »
« Il m’est arrivé de douter de ma foi car beaucoup de mes amis ne croient pas en Dieu, mais j’ai fini par assumer ma foi et ma croyance en Dieu ».
« je crois que Dieu existe et qu’il est capable de faire des miracles. Il est un peu en chacun de nous et il est là pour nous aider. Si nous péchons, il nous accorde son pardon. »
« Malgré tous les vais négatifs des autres par rapport à Dieu, Je reste fidèle à moi-même et j’affirme mon choix. Je souhaite donc recevoir l’Esprit Saint. »
« C’est un bonus dans la vie. »
« J’ai envie de créer le bonheur atour de moi. »
« Pour moi ma confirmation, c’est faire un grand pas en avant, mais aussi assumer ma foi devant tout le monde. ».
« Merci pour la foi transmise par nos parents et nos grands-parents. »
« J’essaie de suivre le message de paix de Jésus dans toutes les circonstances. »
« J’ai passé un moment formidable avec eux et j’en suis reparti le cœur plein de joie, de bonne humeur, mais surtout avec une foi approfondie. »

Qui a visité Nazareth a vu la différence avec Capharnaüm !
L’un est bâtie dans les rochers et les grottes, l’autre est une ville romaine au bord du lac.

Jésus passe de N à C. Il va du village à la ville. Ville de commerce et ville de passage, où transitent bcp d’étrangers. La Galilée est d’ailleurs considérée comme une terre de périphérie, une terre avec beaucoup d’étrangers et beaucoup de païens. C’est une ville de cette région que J choisit pour annoncer le Royaume de Dieu.

Ce n’était pas banal de prêcher ainsi. D’abord Jean-Baptiste avait été exécuté. Prêcher était dangereux ! Puis cette région risque d’être peu réceptive, peu préparée. C’est comme le monde d’aujourd’hui ! Beaucoup de mixité culturelle.

Et ainsi nous assistons aux premiers pas de Jésus ds sa vie publique. Pour cette région, une lumière s’est levée, comme l’annonçait Isaïe. Elle  était dans les ténèbres, c’est-à-dire dans l’indifférence, le chacun pour soi, la souffrance.

L’annonce faite par J est à deux volets : convertissez vous et le royaume des cieux est proche.

Un côté « action » et un côté « contemplation ».  Se convertir, cela veut dire qu’on peut changer de vie, devenir meilleur. Il n’y a jamais de définitif, tout peut recommencer dans la vie. Recevoir le Royaume des cieux, cela veut dire : quelque chose nous est donné. Une chose intangible, indéfinissable, qui ne peut qu’être suggérée par des paroles. Mais un royaume, c’est-à-dire un état, une société où l’on ne contente pas du chacun pour soi, de la lutte pour la vie, de défendre ses intérêts. Une société où l’on s’engage pour les autres, pour le bien commun. Une société où il nous est donné de contempler la beauté des choses et la beauté de Dieu. Souvent au contraire on est pris par ses préoccupations personnelles, par ses souffrances et ses difficultés, ses déceptions peut-être. « Les affections, les pleurs, les jouissances, les achats, la consommation épuisent souvent nos journées, notre esprit, notre vie, au point de l’enfermer dans un filet inextricable » Le Seigneur vient libérer nos vies de ce filet. « Il veut élargir nos affections à beaucoup d’autres personnes, il veut que nous pleurions non seulement sur nous mais sur ceux qui sont dans l’affliction, il veut que notre joie ne soit pas limitée à quelques uns mais partagée par beaucoup, il veut que les biens de ce monde ne soient pas un privilège de certains, mais destinés à tous ».

Et c’est ainsi qu’il appelle Simon et André, puis Jacques et Jean : il leur dit cette parole fameuse : je ferai de vous des pêcheurs d’hommes ! Leur vie confinée devient une vie passionnante, avec un projet, à grandeur universelle. Avec eux il passe dans les synagogues : il parle, mais aussi il guérit « toute maladie et toute infirmité dans le peuple ».

C’est ce que nous voulons dans notre Eglise, ds notre communauté, et spécialement ds cette semaine pour l’unité des chrétiens. Etre présent dans les communautés pour guérir le monde. Etre unis entre chrétiens pour être crédibles et efficaces dans l’annonce du Royaume de Dieu. Nous ne prêchons pas d’abord une religion, nous prêchons un nouvel état de faits, une nouvelle disposition d’esprit, nous annonçons le venue de Dieu en nos cœurs.

† Jean-Pierre Delville, évêque de Liège